Le jugement concernant l’invocation faite en prière par une autre langue que l’arabe

Cheikh Mahamed Ali Ferkous

 

Question :

 

Est-il permis au non-Arabe d’invoquer avec une autre langue que l’arabe lors de la Salât ?

 

Réponse :

Louange à Allâh, Maître des Mondes ; et paix et salut sur celui qu’Allâh a envoyé comme miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection. Cela dit :

Celui qui est capable de prier et d’invoquer avec la langue arabe, il est obligé d’utiliser ses termes, notamment [quand il récite] la sourate Al-Fâtiha (Prologue) et le Tachahoud (dans le prière), ainsi que d’autres actes qui ressemblent à cela. Or, une personne incapable [d’énoncer] en langue arabe et de la prononcer, il lui appartient d’accomplir la Salât avec sa langue sauf la sourate d’Al-Fâtiha, car le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit ; « Point de salât pour quiconque n’a pas lu la Fâtiha du Livre. »(1) La Fâtiha constitue le minimum qui suffit du noble Coran pour [rendre valable] la Salât. S’il en est incapable, après avoir fourni effort et travail, il lui appartient de réciter à sa place les formules de glorification, de louange, de proclamer l’Unicité d’Allâh et la grandeur d’Allâh, et de réciter aussi la Hawqala(2)conformément à ce qu’a dit le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم à l’homme qui a tenu ces propos : « Je ne peux rien apprendre du Coran, apprends-moi ce qui m’en dispense. » Le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم lui dit : « Dis [en arabe] : Soubhân Allâh (Gloire à Allâh), Al-Ahmadou Li-Llâh (louange à Allâh), Lâ Illâha Illa Allâh (Il n’y a pas de divinité digne d’adoration sauf Allâh), Allâhou Akbar (Allâh est Grand), Hawla wa Lâ Qouwwata Illâ Bi-Llâh Al ‘Aliyyi Al-‘Adhîm (Point de changement ni de force à le faire que par Allâh, le Très-Haut, le Très Grand). »(3) Aussi parce qu’une personne incapable ne peut accomplir les ordres divins que dans les limites de sa capacité ; Allâh – qu’Il soit Très-Haut – a dit :

﴿لاَ يُكَلِّفُ اللهُ نَفْسًا إِلاَّ وُسْعَهَا[البقرة: 286]

Sens du verset :

Allâh n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. ﴿[s. Al-Baqara (la Vache) : v. 286], et Il a dit :

﴿فَاتَّقُوا اللهَ مَا اسْتَطَعْتُمْ[التغابن: 16]

Sens du verset :

Craignez Allâh, donc autant que vous pouvez.﴿ [s. At-Taghâboun (la Grande perte : v. 16], et pour le dire du Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم : « Si je vous ordonne quelque chose, accomplissez-là autant que vous pouvez. »(4) Mettant ainsi en application la règle qui dit : Aucune charge n’est imposée, sauf en cas de capacité. L’invocation [d’Allâh] ne sort pas de ce sens ; il est permis d’invoquer en utilisant n’importe quelle expressions, qui contient le sens de la soumission, de la servitude et de l’obéissance à Allâh, avec laquelle on se rapproche de Lui – Glorieux et Très-Haut soit-Il –, même si la personne trouve de difficultés à parler l’arabe. Ce fait est stipulé par le caractère général de la Parole d’Allâh – qu’Allâh soit Très-Haut – :

﴿ادْعُونِي أَسْتَجِبْ لَكُمْ[غافر: 60]

Sens du verset :

Appelez-Moi, Je vous répondrai. ﴿ [s. Ghâfir (le Pardonneur) : v. 60],

et à Sa Parole :

﴿فَإِنِّي قَرِيبٌ أُجِيبُ دَعْوَةَ الدَّاعِ إِذَا دَعَانِ[البقرة: 186]

Sens du verset :

Alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. ﴿[s. Al-Baqara (la Vache) : v. 186] notamment pour une personne qui n’a jamais prononcé la langue du Coran ni celle des Arabes, ou trouve une difficulté à la formuler. Allâh – qu’Il soit Très-Haut – lui répondra favorablement si les conditions sont requises et les empêchements font défauts. [L’exaucement de l’invocation] se fera soit d’une façon prompte ou ultérieurement ou en repoussant de lui les malheurs et les épreuves(5).

Le savoir parfait appartient à Allâh, et notre dernière invocation est qu’Allâh, Seigneur des Mondes, soit loué et que prière et salut soient sur notre Prophète, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 11 de Doû-L-Qa‘da 1427 H,
correspondant au 2 décembre 2006 G.

 


(1) Rapporté par : Al-Boukhârî (756) et Mouslim (394), d’après ‘Oubâda ibn As-Sâmit رضي الله عنه.

 

(2) La Hawqala est le fait de dire « Hawla Wa Lâ Qouwwata Illâ Bi-Llâh », (NDT).

 

(3) Rapporté par : Aboû Dâwoûd (832) et An-Naşâ’î (924), d’après ‘Abd Allâh ibn Abî Awf رضي الله عنه et ce hadith est jugé haşane (bon) par Al-Albânî dans Al-Michkât (819). Aya

 

(4) Rapporté par : Al-Boukhârî (7288) et Mouslim (1337), d’après Aboû Hourayra رضي الله عنه.

 

(5) Selon Aboû Sa‘îd Al-Khoudrî رضي الله عنه, le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit : « Tout musulman qui fait une invocation qui ne contient pas un péché ni une coupure de lien de parenté, Allâh lui en donnera une de ces trois choses : soit son invocation sera exaucée promptement, soit elle lui sera réservée pour l’au-delà, soit Il poussera de lui le mal équivalent [à cette invocation]. » Ils lui ont dit : « Donc nous en multiplions ? » le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم dit : « Allâh est plus à même de multiplier » hadith rapporté par Ahmad (10903), par Al-Boukhârî dans Al-Adab Al-Moufrad (710), et par Al-Hâkim (1816), et ce hadith est jugé sahîh par Al-Albânî dans Sahîh Al-Adeb Al-Moufra (550), et par Al-Wâdi‘î dans Sahîh Al-Mousnad (421).  

 

Source :

 

http://ferkous.com

Tag(s) : #Prière, #Fatwas

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