L’arrêt des causes de la corruption

Cheikh Salaah Al-Boudaïr

Vendredi 3/6/1426 (10/6/2005)

 

O Musulmans !


Craignez Allah qui connaît les intentions, les pensées intimes et les choses cachées :


{...et Il est avec vous où que vous soyez. Et Allah observe parfaitement ce que vous faites} [Le fer : 4].

 

O Musulmans !


La religion a des règles, et selon le degré de compréhension de ces règles, nous sommes protégés des erreurs [des péchés] ; et selon la mise en application de ces règles, la communauté est sauvée des difficultés.

Et parmi les règles de la législation islamique et ses bases : le fait de prendre en considération les conséquences des actes et les résultats des actions.

 
Et en regardant ce qui va résulter de l’acte, nous connaissons le jugement concernant cet acte et sa deion est facile ; et il se peut que l’acte soit à l’origine permis, mais on l’interdit à cause de la corruption qui en résultera.


Et tout ce qui est prescrit et dont la conséquence est ce qui n’est pas prescrit, est interdit dans la législation islamique ; et tout ce qui est permis et qui amène à ce qui n’est pas permis, n’est pas permis alors dans la législation.


Et lorsque le moyen placé pour ce qui est permis, est utilisé pour parvenir à une corruption ou qui est placé pour ce qui est permis et n’est pas utilisé pour parvenir à une corruption, mais il amène dans la plupart des cas à une corruption, et que sa corruption est plus probable que son avantage [son bénéfice], alors la législation interdit ce moyen.


Et toute personne qui donne des fatwas sans avoir aucune connaissance de ses principes et de ses bases, commettra alors de grands péchés, sera la cause des malheurs, et donnera des fatwas étranges et mauvaises ; et ceci est toujours la situation de ceux qui donnent des fatwas sans aucune science.


Et quiconque examine la législation islamique dans ses principes et ses sources, trouvera qu’elle témoigne de la prise en considération de cette signification [de ce concept] et établit de grandes lois selon cette signification ; et le but principal est d’arrêter tout ce qui peut amener à percer [à briser] les règles de la législation islamique et ses lois, et qui amène à l’ouverture de la porte du mal, de la corruption et de la décadence, même si cette chose est à l’origine permise.


Et quiconque refuse cette signification, doit alors refuser toutes les restrictions règlementaires et les choses nécessaires dans lesquelles se trouve l’intérêt des gens, et qui règlent la vie des gens dans ce monde ; et sans elles, la vie serait un désordre sans limite et un malheur qui ne peut être repoussé.


Et ses restrictions et ses choses nécessaires sont établies pour la limitation de ce qui est permis à l’origine et pour l’interdiction de ce qui est permis légalement.

 

 
O Musulmans !


La législation est fondée sur le fait de prendre des décisions fermes et de se méfier de ce qui pourrait être un chemin vers la tentation, la désorganisation et la corruption des situations.



Allah (qu'Il soit glorifié et exalté) a dit :

 
{N'injuriez pas ceux qu'ils invoquent en dehors d'Allah, car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance} [Les bestiaux : 108].


Il a interdit d’injurier les divinités [les idoles] des polythéistes bien que cela soit permis, car c’est un prétexte pour que les polythéistes injurient la vraie Divinité le Seigneur des mondes.

Et c’est une preuve que ce qui est permis, est interdit si le fait de l’accomplir amène à un préjudice dans la religion.


Et un bédouin urina dans un coin de la mosquée, les gens se mirent alors en colère contre lui ; le messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) dit :


(Ne l’empêchez pas d’uriner, laissez-le). Alors, ils le laissèrent jusqu’à ce qu’il finisse d’uriner. Puis, lorsqu’il finit d’uriner, le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) ordonna que l’on verse un grand seau d’eau sur l’urine. Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.

Il leur interdit ce qui est prescrit pour un intérêt prévalant, qui correspond à repousser la plus grande des deux causes de corruption en tolérant celle qui est la plus facile, et pour obtenir le plus important des deux intérêts en abandonnant l’intérêt le plus facile.


Et le messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) refusa la demande d’Omar (qu'Allah soit satisfait de lui) de tuer Abdoullah ibn Oubaï alors que son hypocrisie était apparu clairement, et il dit (qu'Allah prie sur lui et le salue) :


(Il ne faut pas que les gens parlent en disant que Mohammed tue ses compagnons) Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.


Et Il s’abstint (qu'Allah prie sur lui et le salue) de reconstruire la Kâaba sur les fondations d’Ibrahim (que la paix soit sur lui), et il dit à Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) :


(N’était-ce le fait qu’il n’y a pas longtemps que ton peuple ait laissé l’ignorance préislamique, j’aurais dépensé le trésor de la Kâaba dans le chemin d’Allah, j’aurais placé sa porte sur le sol [c’est-à-dire qu’il aurait fait descendre la porte de la Kâaba], et j’aurais fait entrer une partie d’Al-Hijr dans la Kâaba) [Al-Hijr : l’endroit ce trouvant à côté de la Kâaba délimité par un demi-cercle] Rapporté par Mouslim.


Et il est interdit au jeûneur de caresser sa femme s’il ne peut pas se contrôler de peur que cela puisse l’amener à l’annulation de son jeûne.


Et Tirmidhi a dit :


-« Et certains savants ont dit que le jeûneur peut embrasser sa femme s’il peut se contrôler, sinon cela pourrait annuler son jeûne ».


Et il a été prescrit de ne pas s’approcher de la femme en état de menstrues sauf s’il y a quelque chose entre l’homme et la femme de peur que ce rapport sans obstacle ne conduise à ce qui est illicite.


Et toutes ces choses pour l’application de la règle qui correspond à empêcher [à bloquer] les préjudices et à regarder les conséquences des actes.


Et parmi les preuves de cette signification, la parole du Seigneur (qu'Il soit glorifié et exalté) :

 

{Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures} [La lumière : 31].

 
Il leur a donc interdit de frapper avec leurs pieds bien que cela soit permis en lui-même, afin que ce ne soit pas une cause pour que les hommes entendent ce qui incite les désirs charnels et la convoitise envers elles.


Et Il a interdit à la femme de se parfumer lorsqu'elle sort pour se rendre à la mosquée, alors que ceci est permis en lui-même, afin que ce ne soit pas une cause pour que les hommes se penchent vers elle et se présentent à elles [les abordent] car son odeur et le fait de laisser apparaître ses beautés attirent [les hommes] vers elle.


Et Il lui a ordonné de sortir en ayant une odeur qui n'est agréable, de ne pas se parfumer, de se tenir debout derrière les hommes, et de ne pas proclamer la gloire et la pureté d'Allah [dire Soub'hanallah] dans la prière si quelque chose lui arrive, mais au contraire elle doit frapper de la paume de la main sur le revers de l'autre main ; et toutes ces choses, afin d'empêcher les préjudices, de protéger des causes de la corruption et pour fermer la porte de la tentation.


Et tout acte qui conduit sans aucun doute à la corruption de la femme [à la perversion des mœurs de la femme] et à l'éloigner de la surveillance de son tuteur et à la vue de sa famille, de même que tout acte qui conduit à son égarement, au fait de l'exposer aux débauchés, et tout acte qui facilite le fait qu'elle soit atteinte par le mal et qu'elle soit agressée, il faut alors enlever le nom de permission à cet acte, ainsi que le jugement qui stipule que cet acte est permis, même si cet acte est à l'origine permis, car il est devenu interdit à cause de ce à quoi il conduit sans aucun doute.

Et tout acte dont on ne peut être sauvé de l'illicite qu'il renferme qu'en l'évitant, est donc interdit [illicite].


Et les causes et les chemins dépendent de leurs buts [suivent leurs buts], et les moyens qui conduisent aux choses interdites et aux péchés, sont interdits ; le moyen qui mène au but, suit le but ; et le moyen qui conduit à ce qui est défendu, est défendu ; et permettre les moyens qui conduisent à l’illicite, correspond à l’annulation de l’interdiction et à la restriction des lois de la législation islamique.


Ceux qui utilisent la tromperie et la ruse, s’appuient sur ce dont l’interdiction n’est pas mentionnée dans les textes de la religion, bien que cela conduit sans aucun doute à la difficulté la plus grande et aux causes de la corruption ; ils appellent à ces choses par ruse, ils les mettent en apparence pas la tromperie, et ils font qu’elles soient un moyen pour rendre licite ce qui est interdit et pour annuler ce qui est un ordre évident.


Mohammed ibn Al-Hassane a dit :


-« Ne fais pas partie des qualités des musulmans, le fait de s’enfuir des lois d’Allah par les ruses qui conduisent à l’annulation de la vérité ».


Et le messager de la guidée (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Ne commettez pas ce que les juifs ont commis en rendant licites les interdictions d’Allah avec les plus petites ruses » Rapporté par Ibn Battah.


Et ceci est un avertissement évident pour la communauté de Mohammed (qu'Allah prie sur lui et le salue) afin qu’ils ne transgressent pas les interdictions avec les ruses.



O Musulmans !


Si la législation islamique interdit ce qui est permis mais qui conduit à l’illicite, que dire alors de ceux qui suivent le chemin de l’interprétation et de l’altération afin de réfuter les textes du Coran et de la Sounnah, de les affaiblir, et de faire douter de leurs preuves avec des discussions vaines [dans ce qui faux] et avec la ruse ; ceci pour rendre licite ce qui est interdit clairement, pour pousser les gens communs à commettre des péchés, et pour affaiblir l’attachement à la religion dans la communauté.

 

O Musulmans !


Le grand malheur est ce dans quoi la plupart des gens sont tombés en parlant du licite et de l’illicite tout simplement avec leurs opinions et leurs passions, jusqu’à ce que les questions de jurisprudence et les événements de l’époque soient devenus un champ de bataille pour la lutte et des vagues de paroles dans les replis des journaux, des magazines et des clubs .

 

Tous les ignorants y parlent, tous ceux qui sont inactifs les prennent, et tous ceux qui sont vils émettent leurs opinions et donnent des jugements concernant ces questions de jurisprudence et ces événements selon ce que la plupart considère être le plus approprié en inventant des mensonges contre Allah, en prenant des décisions juridiques sans l’avis des savants et en se montrant insolents envers la religion.

Et c’est un mal brûlant, un grand malheur et un chemin périlleux ; Al-Quaassim (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit :


-« Je jure pas Allah que je préfère que l’on me coupe la langue que de parler de ce que je ne connais pas ».


L’imam Maalik (qu'Allah (qu'Il soit exalté) lui fasse miséricorde) a dit :

-« Les questions de jurisprudence étaient parfois difficiles pour les compagnons du messager d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue), et aucun d’eux ne répondait à une question jusqu’à ce qu’il prenne l’opinion de ses compagnons, malgré la justesse de vue, la réussite et la pureté qu’Allah leur donna ; alors que dire de nous dont les cœurs ont été recouverts par les mauvaises actions et les péchés ».

 


O Musulmans !


A une époque où les trompeurs sont apparus avec l’habit de la réforme, les hypocrites avec l’apparence du conseil et de la compassion, et les envahisseurs avec les vêtements de la jalousie et de la loyauté ; ils ont pris les paroles décorées [les mensonges] comme pièges avec lesquels ils chassent ceux qui ont une opinion faible et ceux qui n’ont pas beaucoup de connaissance ; ils discutent au sujet de la vérité après l’apparition de sa clarté et l’éclat des preuves de sa sincérité à cette époque.

Le musulman doit donc se méfier des mauvaises volontés, des intentions corrompues, des passions qui égarent, et des menteurs, qui se recommandent réciproquement leur fausseté et qui se sont engagés réciproquement à la ruse.

Et lors des doutes et de l'apparition de la désobéissance et l'opposition, il faut se référer aux savants de la communauté et leurs grands mouftis, s'en référer à eux est le chemin de la sécurité contre le fait de tomber dans le piège de ceux qui refusent la vérité et contre l'altération de ceux qui sèment le désordre.


Et les savants sont ceux qui connaissent le mieux la comparaison dans la jurisprudence islamique, et ils sont les plus aptes à décider ce qui est le plus juste et à expliquer le jugement de la jurisprudence concernant les choses qui peuvent prêter à des interprétations diverses.

 

La perdition se trouve dans le fait d'abandonner leurs interprétations et le succès se trouve dans le fait de rester avec eux ; Abdoullah ibn Mass'ôud (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit :

-"Les gens ne cesseront d'être pieux et solidaires tant que la science leur viendra des compagnons de Mohammed (qu'Allah prie sur lui et le salue) et des gens nobles parmi eux, et lorsque la science leur viendra des plus petits parmi eux, ils périront".


Qu'Allah nous protège des causes de la perdition ! Et qu'Il fasse que nous soyons fermes sur Sa religion jusqu'à la mort !

 


Deuxième sermon

 


O Musulmans !

Craignez Allah, sachez qu'Il vous observe, obéissez-Lui et ne Lui désobéissez pas :


{O vous qui avez cru ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques} [Le repentir : 119].

 


O Musulmans !

Se protéger et se préserver de ce que l'on craint le châtiment et la fin malheureuse, est le chemin des pieux.

 

D'après 'Atiyah As-Sâadi (qu'Allah soit satisfait de lui) le messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :

(Le serviteur ne parviendra jamais à être parmi les pieux jusqu'à ce qu'il abandonne ce en quoi il n'y a pas de mal par crainte de ce en quoi il y a un mal) Rapporté par Tirmidhi, Ibn Maajah, et Al-Haakim a dit que c'est un hadith authentique.


Al-Hassane a dit :


-"La piété ne cessa d'augmenter dans le cœur des pieux jusqu'à ce qu'ils abandonnèrent beaucoup de choses permises par peur de l'illicite).


Et le messager d'Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) a dit :


(Le licite est clair et l'illicite est clair, et entre eux se trouvent des choses douteuses que beaucoup de gens ne connaissent pas ; donc, celui qui craint les choses douteuses, aura alors protégé sa religion et son honneur ; et celui qui tombe dans les choses douteuses, tombera dans l'illicite, comme le berger qui fait paître ses moutons autour du champ défendu, risque de les faire paître dans ce champ défendu. Et chaque roi possède un champ défendu, et le champ défendu d'Allah est : Ses interdictions).


Et celui qui ose accomplir un acte tout en doutant que cet acte contient un péché, risque de commettre ce qui contient un péché manifeste et évident.


Et celui qui est doué de raison n'est pas celui qui connaît le bien et le mal [les choses mauvaises], mais celui qui est doué de raison est celui qui connaît le meilleur des deux biens, et la pire des deux choses mauvaises.


Source :

http://alharamainsermons.org
 

Tag(s) : #Discours du vendredi

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