Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

Louange à Allah, nous Le louons, cherchons refuge auprès de Lui et implorons Son pardon. Nous Lui demandons de nous protéger des maux de nos âmes et de nos mauvaises actions.

 

Celui qu’Allah guide, nul ne peut l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. Je témoigne qu’il n’y a point de divinité digne d’adoration qu’Allah. Il est Unique et sans associé, et je témoigne que Mouhammad est Son serviteur et Messager, que paix et salut soient sur lui, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

 

Ceci dit :

 

Sachez que les savants sont unanimes à propos de l’obligation d’obéir au gouvernant qui a pris le pouvoir par force. En effet, lui obéir est mieux que de se soulever contre lui, car ceci permet d’épar­gner des vies et d’apaiser les gens du commun. La révolte contre les gouvernants provoque la divergence parmi les musulmans, l’effusion de leur sang et la dilapidation de leurs biens.

 

Donc, une fois que le gouvernant aura pris le pouvoir et s’y est établi, son imamat sera valide et lui prêter allégeance et lui obéir dans le bien deviendront alors obligatoires, même s’il n’a pas réuni les conditions de l’imamat. Il sera interdit de le combattre ou de lui désobéir. Ses jugements doivent être appliqués.

 

On ne doit pas s’insurger contre lui, et ceci par unanimité. Cette unanimité est citée par El-Hâfidh Ibn Hadjar dans son œuvre Fat’h El-Bâri[1], En-Nawawi dans Charh Mouslim[2] et Mouhammad Ibn `Abd El-Wahhâb dans Ed-Dourar Es-Saniyya[3].

 

Donc, quiconque désobéit au gouvernant, qui réunit la nation, s’écarte de la communauté qui s’est entendue à obéir au gouvernant qui organise ses rangs, unifie ses opinions et la protège de ses ennemis ; mourra d’une mort de Djâhiliyya (l’ère préislamique).

 

El-Boukhâri et Mouslim ont rapporté dans leurs Sahîhs qu’Ibn `Abbâs رضي الله عنهما a dit : le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Celui qui déteste quelque chose en son gouvernant, qu’il patiente, car celui qui sort de l’autorité [du gouvernant] d’un empan, mourra d’une mort pré­islamique »[4].

 

Dans une autre version : « Celui qui aperçoit quelque chose qu’il déteste en son gouvernant, qu’il patiente, car celui qui sort de la communauté d’un empan, mourra d’une mort préislamique »[5].

 

La raison en est que les gens de l’ère préislamique n’avaient pas un gouvernant qui les réunissait sous une seule religion et une même opinion, comme l’a mentionné El-Khattâbi. Ils étaient plutôt divisés en groupes et en sectes, leurs opinions se contredi­saient et leurs religions différaient.

 

Ceci a induit beaucoup d’entre eux à adorer les idoles et à procéder aux El-Azlâm[6]. Ils croyaient, à tort, que cela est une bonne chose qui procure le bienfait ou repousse le mal, alors qu’elle n’en était pas[7].

 

Ledit hadith rapporté par Ibn `Abbâs رضي الله عنهما prouve l’interdi­ction de se soulever contre le gouvernant, même s’il est injuste, car celui qui s’écarte de la communauté, de manière à s’éloigner de l’union des cœurs, à s’exposer aux pêchés et à désobéir au gouvernant, aura certes une fin tragique.

 

 

La Charia nous a ordonné de s’attacher à la communauté et nous a mis en garde contre la divergence, même si les gouvernants commettent des actes d’injustice ou d’oppression.

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

وَاعْتَصِمُوا بِحَبْلِ اللهِ جَمِيعًا وَلاَ تَفَرَّقُوا﴾ [آل عمران: 103].

 

Le sens du verset :

 

﴾Et cramponnez-vous tous ensemble au Habl (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés﴿ [Âl `Imrâne (La Famille d’Imrane) : 103].

 

Ibn Taymiya a dit dans Minhâdj Es-Sounna : « Le mot (Habl) a été interprété par : le Livre d’Allah (le Coran), Sa Religion (l’Islam), la sincérité, l’accomplissement des obligations, le respect des engagements envers Allah عزّ وجلّ, l’obéissance à Lui et le ratta­chement à la communauté.

 

Toutes ces interprétations nous sont parvenues par le biais des Compagnons et ceux qui les ont suivis de la bonne manière jusqu’au Jour de la Résurrection. Elles sont toutes justes ; le Coran ordonne de s’attacher à l’Islam.

 

Ceci est l’engagement envers Allah عزّ وجلّ, l’obéissance à Lui et l’accomplissement de Ses obligations. Et s’attacher fermement au Habl d’Allah عزّ وجلّ par tous désigne la communauté. Enfin, la sincérité envers Allah عزّ وجلّ qui est, certes, l’essence de l’Islam »[8].


 

Allah عزّ وجلّ dit aussi :

 

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَطِيعُوا اللهَ وَأَطِيعُوا الرَّسُولَ وَأُولِي الْأَمْرِ مِنْكُمْ﴾ [النساء: 59].

 

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d’entre vous qui détiennent le commandement﴿ [En-Nissâ' (Les Femmes) : 59].

 

Et (ceux d’entre vous qui détiennent le commandement) sont les gouvernants et les dirigeants, conformément aux textes prophé­tiques authentiques, ordonnant l’obéissance aux gouvernants et aux dirigeants quand celle-ci ne comprend pas un interdit, et dans l’intérêt des musulmans[9].

 

Parmi ces textes, on cite le hadith du Prophète صلّى الله عليه وسلّم rapporté par Houdhayfa Ibn El-Yamâne رضي الله عنهما: « Il y aura après moi des gouvernants qui ne se guideront pas d’après ma voie et ne se conformeront pas à ma Sounna ; il y aura parmi eux des hommes aux cœurs de démons dans des corps d’hommes ». Houdhayfa demanda : « Que dois-je faire si je vivrai cette époque ? ».

 

Le Prophète صلّى الله عليه وسلّم répondit : « Écoutes et obéis au gouvernant, même s’il frappe ton dos et prend ton argent, écoutes et obéis »[10].

 

On doit leur obéir que l’on veuille ou non, dans l’aisance ou dans la difficulté, à condition que cela n’entraîne pas la désobéis­sance à Allah عزّ وجلّ, conformément au hadith rapporté par Ibn `Omar رضي الله عنهما que le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit :

 

« Le musulman doit écouter et obéir pour ce qui lui plaît ou ce qu’il déteste, sauf à un ordre qui entraîne la désobéissance [à Allah et à Son Messager], dans ce cas, il ne doit ni écouter ni obéir »[11], et au hadith rapporté par `Ali Ibn Abi Tâlib رضي الله عنه que le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Il n’y a pas d’obéis­sance en désobéissant à Allah, l’obéissance est plutôt dans le bien »[12].

 

 

Pour cela, avoir une bonne opinion des gouvernants est une chose obligatoire. Leur obéissance implique le fait de les suivre en ce qui concerne le jeûne du mois de ramadan, l’Aïd El-Fitr et l’Aïd El-Ad’ha ; on jeûne lorsqu’ils jeûnent au mois de ramadan, on cesse de jeûner le ramadan au mois de Chawwâl lorsqu’ils cessent de le jeûner et on observe l’Aïd El-Adha quand ils l’observent.

 

Leur obéissance implique également le fait de ne pas les humilier, insulter, maudire, ne pas exposer leurs défauts, que ce soit dans les livres ou dans les revues, dans les cours ou dans les prêches, ou encore devant le peuple.

 

On doit éviter aussi tout ce qui leur porte atteinte, de près ou de loin. La raison de cela en est d’éviter l’anarchie, de ne pas s’écarter de l’écoute et de l’obéis­sance dans le bien et pour ne pas s’adonner aux actes nuisibles, qui résultent, en effet, de leur insulte et humiliation.

 

 

Ceci provoque la rébellion contre eux, entraîne la corruption et se répercute très négativement sur le peuple. Pour cela, le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Maudire le croyant est comme le tuer »[13]. Il dit aussi : « Insulter un musulman est une perversion et le combattre est une méc­réance »[14].

 

 

Le Prophète صلّى الله عليه وسلّم a mis, aussi, en évidence les moralités du musulman en disant : « Le croyant ne peut être ni calomniateur ni imprécateur ni grossier ou vulgaire dans ses propos »[15].

 

Il n’y a pas de doute que le fait de se conduire avec ce genre de manières vis-à-vis des gouvernants et des dirigeants est l’un des signes des kharidjites. L’un d’entre eux a dit au Prophète صلّى الله عليه وسلّم: « Sois juste »[16]. Un autre a dit à `Outhmâne Ibn `Affâne رضي الله عنه quand il s’est introduit à sa maison pour le tuer : « Ô Na`thal »[17].

 

 

Par ailleurs, le Prophète صلّى الله عليه وسلّم nous a ordonné plutôt d’invo­quer Allah عزّ وجلّ pour qu’ils soient droit et de les aider à atteindre ce statut. Nous ne sommes pas ordonnés, par contre, d’invoquer Allah عزّ وجلّ contre eux, même s’ils ont commis des actes d’injustice et d’oppression, comme le font certains parmi nous pour qui la voie des Salafs (Pieux Prédécesseurs) à l’égard des gouvernants n’est toujours pas claire, car leur injustice et oppression se répercu­teront sur eux-mêmes, mais leur droiture sera à leur profit et au profit de la nation tout entière.

 

 

Certains savants de nos Salafs (Pieux Prédécesseurs) ont dit : « Lorsque tu vois quelqu’un invoquer Allah عزّ وجلّ contre le dirigeant, sache qu’il est sous l’emprise de ses passions. Par contre, lorsque tu entends quelqu’un invoquer Allah عزّ وجلّ en la faveur du dirigeant, sache, qu’il est pratiquant de la Sounna du Prophète si Allah le veut »[18].

 

En effet, même si Allah عزّ وجلّ nous a ordonné de l’invoquer en leur faveur, Il nous a ordonné, si possible, de les conseiller, mais sans recourir à la violence, à la crudité, à la dureté ou aux propos malsains.

 

On doit les conseiller en leur recommandant la crainte d’Allah عزّ وجلّ et la crainte du Jour Dernier et les incitant à faire les bonnes actions, car prodiguer conseils aux dirigeants musulmans va à l’en­contre de la rancune et de la tromperie, tel énoncé par le Prophète صلّى الله عليه وسلّم.

 

 

Et-Tirmidhi et autres ont recueilli un hadith Marfoû`[19], rapporté par `Abd Allâh Ibn Mass`oûd رضي الله عنه, dans lequel le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Il y a trois choses avec lesquelles le cœur de l’individu croyant ne se corrompt pas : vouer sincèrement ses actions à Allah, conseiller les chefs des musulmans - dans une autre version : obéir aux dirigeants - et ne pas quitter la communauté, car leur prédication [au sentier d’Allah] les entoure et les protège »[20].

 

Ibn El-Qayyim رحمه الله a expliqué en détail ce hadith dans son œuvre Miftâh Dâr Es-Sa`âda. Il a dit : « L’expression (Il y a trois choses avec lesquelles le cœur de l’individu croyant ne se corrompt pas) veut dire que le cœur du croyant ne portera plus de rancune et cette dernière n’en restera plus en la présence de ces trois qualités, car elles écartent la rancœur, la tromperie, les ressentiments et tout ce qui corrompt le cœur.

 

Celui qui est sincère envers Allah عزّ وجلّ, sa sincérité l’empêche d’être rancunier. La rancune s’efface complètement de son cœur, car sa volonté et son cœur se sont adonnés entièrement à la satis­faction d’Allah عزّ وجلّ. Il n’en restera plus d’espace pour la rancune ou la tromperie, comme Allah عزّ وجلّ le dit :

 

كَذَلِكَ لِنَصْرِفَ عَنْهُ السُّوءَ وَالْفَحْشَاءَ إِنَّهُ مِنْ عِبَادِنَا الْمُخْلَصِينَ﴾ [يوسف: 24].

 

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Ainsi [Nous avons agi] pour écarter de lui le mal et la turpi­tude. Il était certes un de Nos serviteurs élus﴿ [Yoûssouf (Joseph) : 24].

 

Quand Yoûssouf (Joseph) a été sincère envers son Seigneur عزّ وجلّ, Il l’a éloigné des motifs du mal et de la turpitude. Ainsi, le mal et la turpitude se sont éloignés de lui. Pour cela, lorsque Satan s’est rendu compte qu’il ne peut rien faire aux gens sincères, il les a exceptés de son jurement, celui de l’égarement et de la séduction. Il dit :

 

 

فَبِعِزَّتِكَ لَأُغْوِيَنَّهُمْ أَجْمَعِينَ. إِلاَّ عِبَادَكَ مِنْهُمُ الْمُخْلَصِينَ﴾ [ص: 82-83].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Par Ta puissance ! Je les séduirai assurément tous, sauf Tes serviteurs élus parmi eux﴿ [Sâd : 82-83].

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

 

إِنَّ عِبَادِي لَيْسَ لَكَ عَلَيْهِمْ سُلْطَانٌ إِلاَّ مَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْغَاوِينَ﴾ [الحجر: 42].

 

Le sens du verset :

 

﴾Sur Mes serviteurs tu n’auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés﴿ [El-Hidjr : 42].

 

 

La sincérité est donc la seule voie du salut, l’Islam est le chemin de l’assurance et la foi est le sceau de la sécurité.

 

 

Il a dit (Ibn El-Qayyim) aussi que l’expression (conseiller les chefs des musulmans) va également à l’encontre de la tromperie et la rancune, car prodiguer conseils [aux autres] s’oppose à la rancœur et ne s’y identifie jamais. Donc, celui qui prodigue conseil aux gouvernants et à la nation s’écarte, certes, de la rancune.

 

L’expression (et ne pas quitter la communauté) veut dire que cela permet également de purifier le cœur de la tromperie et de la rancune, car celui qui adhère à la communauté musulmane aime pour elle, grâce à son attachement, ce qu’il aime pour soi-même, et déteste pour elle ce qu’il n’accepte pas pour soi-même.

 

Ce qui nuit aux membres de la communauté nuit à lui et ce qui leur fait plaisir lui fait plaisir aussi, contrairement à celui qui se sépare de leur communauté et se met à les diffamer, les critiquer et les blâmer, tel que les Rafidhites (les chiites), les kharidjites, les Mou`tazilites et autres.

 

Leurs cœurs débordent de haine et de tromperie. Pour cela, on trouve que les Rafidhites sont les plus éloignés de la sincérité ; c’est eux qui trompent les dirigeants et la nation le plus et ils sont les plus écartés de la communauté musulmane.

 

Ceux-là sont, donc, les plus trompeurs et rancuniers parmi les gens. Ceci est le témoignage du Prophète صلّى الله عليه وسلّم, de la nation et celui d’eux-mêmes ; ils apportent toujours l’appui et l’aide contre les musulmans ; à chaque fois qu’un ennemi se range contre les musulmans, ils le soutiennent et le prennent comme confident. Ceci est une chose que la nation a vécue.

 

Celui qui ne l’a pas vécu en a certainement entendu ce qui assourdit les oreilles et écoeure les âmes.

 

L’expression (car leur prédication [au sentier d’Allah] les entoure et les protège) est l’une des plus concises, éloquentes et signifiantes. Le Prophète صلّى الله عليه وسلّم a comparé la prédication des musul­mans à une clôture ou une muraille qui les entourent et empê­chent leur ennemi de s’introduire à eux.

 

Celle-là est la prédication de l’Islam dont les musulmans sont à l’intérieur. Comme elle est une clôture et une muraille qui les couvre ; tous ceux qui s’attachent à la communauté des musul­mans seront couverts par cette prédication qui est celle de l’Islam, comme exactement elle a couvert les musulmans.

 

La prédication musulmane réunit la nation et la protège. Donc, celui qui adhère à leur communauté sera englobé et protégé par elle »[21].

 

En somme, les trois expressions dudit hadith, c’est à dire vouer ses actions sincèrement à Allah عزّ وجلّ, prodiguer conseils aux gouvernants et s’attacher à la communauté, englobent les fonde­ments de la religion et ses règles. Elles réunissent les droits d’Allah عزّ وجلّ et de Ses serviteurs. Les affaires d’ici-bas et de l’au-delà s’y organisent, comme mentionné par Ibn Taymiya رحمه الله.

 

 

Il a dit : « On peut démontrer cela comme suit : les droits se divisent en deux ; les droits d’Allah عزّ وجلّ et ceux de Ses serviteurs :

 

• Le droit d’Allah عزّ وجلّ est de l’adorer et ne Lui attribuer aucun associé…

 

• Les droits de Ses serviteurs se divisent, également, en deux genres : publics et particuliers :

 

 

- les droits particuliers : comme la bonté à éprouver envers les parents, les droits de l’épouse et du voisin. Ces droits sont parmi les branches de la religion, car la personne reli­gieusement responsable peut être dispensée de les accomplir, et leur intérêt est particulier et individuel.

 

 

- les droits publics : on distingue les droits des gouver­nants et ceux des sujets. Les droits des gouvernants consistent à leur prodiguer conseils. Les droits des sujets consistent à s’attacher à leur communauté, car leurs bienfaits ne se réalisent qu’en étant réunis.

 

Bien plus, ils ne s’accordent jamais sur l’erreur. En outre, les bienfaits de leur religion et de leur vie résident dans leur communauté et leur attache­ment, tout entier, au Habl d’Allah عزّ وجلّ. Ainsi, ces qualités englobent les fondements de la religion »[22].

 

 

Pour cela, le fait de se soulever contre les gouvernants, même s’ils sont injustes, est un acte blâmable et hérétique. Les hadiths ont souligné l’obligation de s’attacher à la communauté musulmane et à son gouvernant, car se révolter contre eux et prendre des initiatives qui relèvent de leurs prérogatives est, certes, une désobéissance à Allah et à son Prophète صلّى الله عليه وسلّم. Ceci contredit également la voie d’Ahl Es-Sounna Wal Djamâ`a (les Gens de la Sounna et de la Communauté).

 

Chaykh El-Islâm Ibn Taymiya رحمه الله a dit dans Madjmoû` El-Fatâwa ce qui suit : « Tandis que les gens du savoir, de la religion et de la vertu ne permettent jamais à quiconque de commettre des interdits, en l’occurrence désobéir aux gouvernants, les tromper et s’insurger contre eux, quelque soit la manière. Ceci est connu d’être l’un des principes des Gens de la Sounna et de la religion et autres, que ce soit dans le passé ou dans le présent »[23].

 

Ceci dit, la voie sûre et appropriée, par laquelle le changement s’établit, réside dans la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ selon la voie du Prophète صلّى الله عليه وسلّم, en corrigeant le credo et en le purifiant des altérations qui s’y sont attachées et qui le contredisent.

 

Ceci aussi se fait en enracinant ce credo par l’éducation de sa propre personne et des siens en se basant sur les préceptes de l’Islam et l’appel à l’application de ses jugements avec la manière qu’Allah عزّ وجلّ nous a ordonné. Il dit عزّ وجلّ:

 

ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ﴾ [النحل: 125].

 

 

Le sens du verset :

 

﴾Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon﴿ [En-Nahl (Les Abeilles) : 125].

 

Ceci car la discussion avec la bonne manière et la bonne exhor­tation dans le domaine de la prédication, de l’enseignement, de l’information et du conseil à autrui[24] sont l’une des raisons qui permettent aux gens du commun de tirer profit des prêcheurs, de leurs enseignements et de leurs recommandations, contrairement aux propos durs, aux manières rebutantes, aux prêches et aux enseigne­ments brusques qui n’apportent point les résultats escomptés. Allah عزّ وجلّ dit :

 

 

فَبِمَا رَحْمَةٍ مِنَ اللهِ لِنْتَ لَهُمْ وَلَوْ كُنْتَ فَظًّا غَلِيظَ الْقَلْبِ لاَنْفَضُّوا مِنْ حَوْلِكَ﴾ [آل عمران: 159].

 

 

Le sens du verset :

 

﴾C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Mouhammad) as été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage﴿ [Âl `Imrâne (La Famille d’Imrane) : 159].

 

Allah عزّ وجلّ dit aussi :

 

فَقُولاَ لَهُ قَوْلاً لَيِّنًا لَعَلَّهُ يَتَذَكَّرُ أَوْ يَخْشَى﴾ [طه: 44].

 

 

Le sens du verset :

 

﴾Puis, parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou [Me] craindra-t-il ?﴿ [Tâ Hâ : 44].

 

Il est recommandé aussi de se distinguer par les moralités de cette religion et de s’attacher à ses bienséances, conformément au verset suivant :

 

 

وَلَكِنْ كُونُوا رَبَّانِيِّينَ بِمَا كُنْتُمْ تُعَلِّمُونَ الْكِتَابَ وَبِمَا كُنْتُمْ تَدْرُسُونَ﴾ [آل عمران:79].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Mais au contraire, [il devra dire] : « Devenez des savants, obéissants au Seigneur, puisque vous enseignez le Livre et vous l’étudiez »﴿ [Âl `Imrâne (La Famille d’Imrane) : 79].

 

 

Allah عزّ وجلّ dit aussi :

 

 

وَتَوَاصَوْا بِالْحَقِّ وَتَوَاصَوْا بِالصَّبْرِ﴾ [العصر: 3].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾S’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance﴿ [El-`Asr (Le Temps) : 3].

 

 

Et Il dit aussi :

 

 

وَتَعَاوَنُوا عَلَى الْبِرِّ وَالتَّقْوَى وَلاَ تَعَاوَنُوا عَلَى الإِثْمِ وَالْعُدْوَانِ وَاتَّقُوا اللهَ إِنَّ اللهَ شَدِيدُ الْعِقَابِ﴾ [المائدة: 2].

 

Le sens du verset :

 

 

 

﴾Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la trans­gression﴿ [El-Mâ'ida (La Table Servie) : 2].

 

 

Ainsi, l’établissement de cette prédication pratiquement effec­tuera, d’une manière ou d’une autre, la réforme des âmes requise, qui permettra de réaliser la promesse d’Allah عزّ وجلّ:

 

إِنَّ اللهَ لاَ يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِمْ﴾ [الرعد: 11].

 

 

Le sens du verset :

 

 

﴾En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes﴿ [Er-Ra`d (Le Tonnerre) : 11].

 

 

Ceci était la voie de la prédication durant la révélation du Coran. Allah عزّ وجلّ dit :

 

 

وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَيُزَكِّيهِمْ﴾ [البقرة: 129].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier﴿ [El-Baqara (La Vache) : 129].

 

 

Sur ce, on réalise que la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ ne peut se faire, en vérité, que par la sagesse, la bonne exhortation et l’endurance des difficultés qui en résultent, tout en se gardant de la précipitation qui entraîne la corruption et la dépravation dont l’aboutissement est la frustration. Ceci est établi dans les règles : « Celui qui se hâte à obtenir une chose avant son terme, il en sera privé en guise de punition »[25].

 

La prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ requiert également la persévérance, le sacrifice, la droiture, l’espoir en Allah عزّ وجلّ et la ferme conviction.

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

جَعَلْنَا مِنْهُمْ أَئِمَّةً يَهْدُونَ بِأَمْرِنَا لَمَّا صَبَرُوا وَكَانُوا بِآيَاتِنَا يُوقِنُونَ﴾ [السجدة: 24].

 

Le sens du verset :

 

﴾Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi longtemps qu’ils enduraient et croyaient fermement en Nos versets﴿ [Es-Sadjda (La Prosternation) : 24].

 

Donc, le commandement, en Islam, ne s’acquiert que par la patience et la ferme croyance, car porter dûment le fardeau de la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ est un acte de soutien à la religion d’Allah عزّ وجلّ, tout en ayant la confiance totale que Sa victoire englo­bera celui qui supportera réellement Sa religion avec la manière préconisée par la Charia.

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

إِنْ تَنْصُرُوا اللَّهَ يَنْصُرْكُمْ وَيُثَبِّتْ أَقْدَامَكُمْ﴾ [محمد: 7].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Si vous faites triompher (la cause d’) Allah, Il vous fera triompher et raffermira vos pas﴿ [Mouhammad : 7].

 

Allah عزّ وجلّ dit aussi :

 

 

وَلَيَنْصُرَنَّ اللهُ مَنْ يَنْصُرُهُ﴾ [الحج: 40].

 

Le sens du verset :

 

﴾Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion)﴿ [El-Hadj (Le Pèlerinage) : 40].

 

De plus, porter le fardeau de la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ permet de faire triompher la religion qu’Allah عزّ وجلّ a agréée pour Ses pieux serviteurs, comme Allah عزّ وجلّ l’a promis clairement.

 

 

Le Tout-Puissant dit :

 

وَللهِ الْعِزَّةُ وَلِرَسُولِهِ وَلِلْمُؤْمِنِينَ﴾ [المنافقون: 8].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Or c’est à Allah qu’est la puissance ainsi qu’à Son messager et aux croyants﴿ [El-Mounâfiqoûne (Les Hypocrites) : 8].

 

Allah عزّ وجلّ dit aussi :

 

وَعَدَ اللهُ الَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَيَسْتَخْلِفَنَّهُمْ فِي الأَرْضِ كَمَا اسْتَخْلَفَ الَّذِينَ مِنْ قَبْلِهِمْ وَلَيُمَكِّنَنَّ لَهُمْ دِينَهُمُ الَّذِي ارْتَضَى لَهُمْ وَلَيُبَدِّلَنَّهُمْ مِنْ بَعْدِ خَوْفِهِمْ أَمْنًا يَعْبُدُونَنِي لاَ يُشْرِكُونَ بِي شَيْئًا﴾ [النور: 55].

 

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés.

 

Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien﴿ [En-Noûr (La Lumière) : 55].

 

 

D’autant plus que la désobéissance aux gouvernants par l’insur­rection - sauf au cas où l’on constate un acte de mécréance manifeste à preuve tangible, tout en tenant compte de la règle stipulant que : « Repousser les maux est devancé au fait d’apporter les bienfaits » - s’oppose aux multiples textes de la Charia, qui enjoignent, d’une part, d’obéir aux dirigeants et de ne pas se révolter contre eux, même s’ils sont injustes, et ordonnent, d’autre part, de réformer les âmes, cet acte provoque des désastres énormes, voire plus importants - comme on l’aperçoit - que l’oppression et l’injustice des dirigeants.

 

 

Cette tendance se répercute également d’une manière négative sur la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ. Elle entrave sa voie.

 

Elle plonge davantage la nation dans les soucis, les épreuves, les malheurs et les calamités qui ébranlent sa consolidation, affaiblissent sa force et font le bonheur de ses ennemis. L’histoire témoigne de cela, que ce soit dans le passé ou dans le présent. De ce fait : « L’heureux est celui qui tire profit de l’expérience des autres ».

 

Tout ceci est dû soit à l’exagération soit à la négligence, comme Ibn El-Qayyim رحمه الله l’a mentionné : « La vérité est entre l’exagération et la négligence ; entre celui qui est nonchalant et celui qui est fanatique, telle une rivière entre deux montagnes ou le droit chemin entre deux points d’égarement ou le juste milieu entre deux extrêmes blâmables.

 

Celui qui est négligent et loin de l’accom­plissement des obligations manque à la vérité et le fanatique en abuse ; le premier par négligence et le deuxième par exagération »[26].

 

 

Par ailleurs, le fait de ne pas désobéir à eux ne signifie pas que nous approuvons leur injustice et les actes répréhensibles qu’ils commettent, car l’injustice restera toujours condamnable ainsi que tous les actes répréhensibles, quel qu’en soit l’auteur, gouvernant ou gouverné.

 

Nous n’approuvons jamais ce genre d’actes comme nous condamnons tous les actions abominables. La raison en est que :

 

« L’approbation d’un acte, en ce qui concerne la récompense et la punition, est telle que le fait de l’accomplir, même si on ne l’accomplit pas ou l’on n’a pas l’intention de l’accomplir ». Ceci est prouvé par le verset suivant où Allah عزّ وجلّ dit au sujet des juifs :

 

وَقَتْلَهُمُ الْأَنْبِيَاءَ بِغَيْرِ حَقٍّ﴾ [آل عمران: 181].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Ainsi que leur meurtre, sans droit, des Prophètes﴿ [Âl `Imrâne (La Famille d’Imrane) : 181].

 

Allah عزّ وجلّ consignera, certes, leur meurtre des Prophètes عليهم السّلام injustement. C’est-à-dire : leur approbation du meurtre. Comme leurs prédécesseurs avaient l’habitude de tuer les Prophètes, et ils approuvaient cela, ils sont considérés, également, comme des assassins.

 

 

Un homme approuva le meurtre de `Outhmâne Ibn `Affâne devant El-Imâm Ech-Cha`bi. Ce dernier lui a dit : « Tu a pris part à son meurtre »[27] ; il a considéré, alors, l’approbation du meurtre comme étant un meurtre, car le fait d’approuver un péché est en soi-même un pêché.

 

Ceci est prouvé par le hadith où le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Lorsqu’un péché est commis sur terre, celui qui y assiste et le déteste - dans une autre version, il dit : et le réprouve - est comme celui qui en était éloigné. Et celui qui en est éloigné et l’approuve est comme celui qui y assiste »[28].

 

Ceci prouve que celui qui approuve une action est tel que son auteur, même s’il n’avait pas l’intention de la faire et ne l’a pas mise en pratique.

 

Par conséquent, prodiguer conseils en ce qui concerne l’obli­gation de regagner la communauté pour ceux qui s’en sont séparés, de reprendre la vie habituelle et de s’éloigner de la voie de la corrup­tion, se confirme davantage.

 

Il est considéré, plutôt, comme l’un des devoirs les plus pressants et l’une des missions les plus nobles.

 

En effet, semer la corruption en religion est bien plus grave que la corruption des âmes, sachant que si ces gens persistent dans cette voie, on aura bien d’autres désordres dont on craint les consé­quences. Parmi ces conséquences, ce qui suit :

 

Renoncer au repentir et reprendre les combats, ce qui contre­dit, bien entendu, les règles et les fondements de la religion, comme nous l’avons déjà mentionné.

 

Ce que l’on craint également est que certains, parmi ceux qui ont subi des épreuves et ne les ont pas endurées, se trompent et les rejoignent. Le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dit : « Celui qui appelle à un égarement aura le même péché que ceux qui le suivent, cela ne diminuera en rien de leurs péchés »[29].

 

Ce que l’on craint vivement aussi : est que ces gens se trans­forment de Ahl El-Baghiy (transgresseurs) en Mouhâriboûne (com­battants), car les transgresseurs visent, à la fois, le soulèvement contre le gouvernant et son éloignement du pouvoir, en s’appuyant sur de fortes ambiguïtés, tout en ayant une puissance et une influence grâce auxquelles le gouvernant ne peut les soumettre à son obéissance qu’en recourant à l’argent, aux hommes et au combat. Les transgresseurs sont, donc, des musulmans mais qui contre­disent le gouvernant. La preuve est le verset suivant :

 

وَإِنْ طَائِفَتَانِ مِنَ الْمُؤْمِنِينَ اقْتَتَلُوا﴾ [الحجرات:9].

 

Le sens du verset :

 

﴾Et si deux groupes de croyants se combattent﴿ [El-Houdjourât (Les Appartements) : 9].

 

Les savants se sont entendu que la partie qui a transgressé ne sorte pas de l’Islam à cause de sa transgression, car le Coran a qualifié ses membres de croyants, même s’ils ont combattu la partie juste.

 

On ne leur impose pas de réparations quant à ce qu’ils détruisent pendant le combat ou la guerre, à savoir les âmes tuées et l’argent dilapidé.

 

On ne doit pas tuer celui qui s’enfuit parmi eux, achever leurs blessés, s’emparer de leurs biens ou prendre leurs femmes en captives ou leurs enfants en esclaves.

 

Ceux parmi eux qui ont succombé doivent être lavés en guise d’ablutions complètes et ensevelis dans un linceul et on doit faire la prière funéraire sur eux.

 

Ceci est d’une part, d’autre part, le gouvernant et la partie qui combat les transgresseurs avec lui ne doivent pas leur faire des réparations quant à ce qu’ils détruisent, à savoir ceux qu’ils tuent, l’argent qu’ils prennent et les hommes qu’ils blessent.

 

El-Imâm Ez-Zouhri[30] a dit : « Quand la grande émeute s’est produite entre les gens, les Compagnons du Prophète صلّى الله عليه وسلّم existaient encore. Parmi eux, il y avait ceux qui ont assisté à la bataille de Badr. Ils étaient unanimes à ne pas appliquer la peine légale contre un homme, parmi les transgresseurs, à cause de ce qu’il a perpétré lorsqu’il a combattu la partie juste et il ne compense pas leurs biens auxquels il a porté atteinte », car les transgresseurs sont une partie puissante qui s’est appuyée sur une forte ambiguïté.

 

Donc, elle ne doit pas compenser ce qu’elle a détruit, de même que les gens justes ne font pas de réparations, car imposer des réparations aux transgresseurs entraîne leur aversion d’obéir à nouveau au dirigeant.

 

Donc, il est interdit de leur imposer des réparations comme il est interdit de le faire avec les mécréants combattants »[31]. C’est sur ce que les Compagnons se sont entendu par unanimité, comme l’a prouvé El-Imâm Ez-Zouhri. Ainsi, l’una­nimité est un argument obligatoire auquel on doit se soumettre.

 

Mais si les conditions des transgresseurs ne sont pas réunies ; tel que si leur puissance s’est affaiblie, leurs rangs se sont dispersés et leur interprétation est réfutée ou corrompue, ils seraient, alors, blâmés pour leurs actes commis.

 

Ils devraient faire des réparations à cause des âmes qu’ils tueraient et l’argent qu’ils dilapideraient, car leur puissance se réalise en étant réunis. Donc, une fois que leur puissance est réduite à rien, ils n’auront point d’allégeance.

 

Il ne resterait, alors, qu’une interprétation corrompue sur laquelle on ne peut compter, telle que le soulèvement pour les affaires de la vie d’ici-bas, s’établir en gouvernant, lutter pour son clan ou disputer le pouvoir avec les dirigeants. Ce genre de rébellion est une sorte de combat [où ils s’opposent à Allah et à son Prophète].

 

Les combattants auront, alors, un autre statut qui est différent de celui des transgresseurs[32].

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

 

إِنَّمَا جَزَاءُ الَّذِينَ يُحَارِبُونَ اللهَ وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الأَرْضِ فَسَادًا أَنْ يُقَتَّلُوا أَوْ يُصَلَّبُوا أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُمْ مِنْ خِلاَفٍ أَوْ يُنْفَوْا مِنَ الأَرْضِ ذَلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ (33) إِلاَّ الَّذِينَ تَابُوا مِنْ قَبْلِ أَنْ تَقْدِرُوا عَلَيْهِمْ فَاعْلَمُوا أَنَّ اللهَ غَفُورٌ رَحِيمٌ﴾ [المائدة: 33-34].

 

Le sens du verset :

 

﴾La peine de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leurs mains et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays.

 

Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment, excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir : sachez qu’alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux﴿ [El-Mâ'ida (La Table Servie) : 33-34].

 

Ce verset prouve qu’on ne peut appliquer cette peine légale (le faite de faire la guerre contre Allah et Son messager) contre ceux qui se sont repentis - parmi eux - avant de les arrêter, car cette peine légale est un droit d’Allah عزّ وجلّ. Elle ne doit pas être app­liquée s’ils se sont repentis avant de les arrêter, mais pas après.

 

 

Cependant, les droits des humains ne peuvent être suspendus vis-à-vis des combattants, tels qu’El-Qissâs (la loi du talion) et la compensation des biens, sauf si les concernés leur ont pardonné. Cette question n’a fait point de divergence entre les savants. Par contre, les transgresseurs ne font pas des réparations quant aux âmes qu’ils tueraient et les biens qu’ils dilapideraient comme cité auparavant.

 

 

Ceci est, donc, la position des Gens de la Sounna et de la Communauté, qui réagissent par la patience et l’espoir d’être récom­pensé par Allah عزّ وجلّ devant l’injustice des gouvernants.

 

Ils ne se permettent pas de commettre des actes interdits, en portant les armes, provoquant le désordre ou désobéissant au gouvernant. Ils se réfèrent aux textes de la Charia, de peur que les ambiguïtés ne les trompent et Satan ne les séduise. Ils attribuent l’injustice qu’ils subissent à leurs mauvaises actions ; en effet, la rétribu­tion est proportionnée à l’action [33].

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

﴿وَمَا أَصَابَكُمْ مِنْ مُصِيبَةٍ فَبِمَا كَسَبَتْ أَيْدِيكُمْ وَيَعْفُو عَنْ كَثِيرٍ﴾ [الشورى: 30].

 

Le sens du verset :

 

﴾Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. Et Il pardonne beaucoup﴿ [Ech-Choûra (La Consultation) : 30].

 

Ils s’appliquent à se repentir et à implorer le pardon d’Allah عزّ وجلّ. Ils demandent à Allah عزّ وجلّ de les libérer du mal qui les atteint.

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

مَا أَصَابَكَ مِنْ حَسَنَةٍ فَمِنَ اللهِ وَمَا أَصَابَكَ مِنْ سَيِّئَةٍ فَمِنْ نَفْسِكَ وَأَرْسَلْنَاكَ لِلنَّاسِ رَسُولاً وَكَفَى بِاللهِ شَهِيدًا﴾ [النساء: 79].

 

Le sens du verset :

 

﴾Tout bien qui t’atteint vient d’Allah, et tout mal qui t’atteint vient de toi-même﴿ [En-Nissâ' (Les Femmes) : 79].

 

Quant à l’utilisation du hadith d’Abou Wâqid El-Laythi, concernant « L’histoire du groupe d’hommes qui ont demandé au Prophète صلّى الله عليه وسلّم de leur désigner un arbre Dhât Anwât semblable au leur »[34], comme argument pour dire que les moudjahiddines ne doivent pas tous connaître leur religion et leur credo, il n’est pas digne d’être une preuve vu les raisons suivantes :

 

 

Premièrement : il ne paraît pas, à travers cette histoire, que les Compagnons voulaient adorer cet arbre et l’associer à Allah عزّ وجلّ, mais comme ils étaient nouvellement convertis à l’Islam, ils pensaient que désigner un arbre pour y mettre leurs armes et en solliciter la bénédiction ne contredit pas le monothéisme.

 

 

Donc, leur intention n’était pas d’adorer l’arbre - comme les Qouboûris (ceux qui sacralisent les mausolées) le font. Pour cela, le Prophète صلّى الله عليه وسلّم leur a montré que leur demande contredit le monothéisme ; c’est plutôt un polythéisme évident, même si leur demande n’a pas inclus la prière, le jeûne et la charité pour cet arbre en guise d’adoration.

 

Cette histoire renseigne donc, sur l’obligation d’acquérir le savoir, et que le commun des gens - et à plus forte raison le mono­théiste connaissant - doit se garder, aussi bien en voyage qu’en sédentarité, de commettre un quelconque aspect de polythéisme sans s’en rendre compte.

 

Deuxièmement : ce hadith prouve que le reste des Compa­gnons qui étaient avec le Prophète صلّى الله عليه وسلّم dans cette conquête - qui étaient d’ailleurs majoritaires - ne se sont pas attachés à cette fausse habitude polythéiste.

 

De plus, même si certains parmi eux croyaient que cet acte est bon, la raison en est qu’ils étaient nouvelle­ment convertis à l’Islam et tout près de l’ère du polythéisme.

 

Et comme on le sait, celui qui a quitté de mauvaises habitudes aux­quelles il s’est longuement habitué pourrait en garder quelques aspects.

 

Cependant, le fait de constater des aspects du polythéisme chez certains parmi eux ne pouvait prendre de l’ampleur et être, par conséquent, nuisible, et ce, grâce à la purification de leurs cœurs des habitudes polythéistes qui s’y sont attachées, en empê­chant la voie menant au polythéisme, en plus du savoir religieux et de l’éducation qui repose sur le monothéisme pur dispensé par le Prophète صلّى الله عليه وسلّم.

 

Troisièmement : la conquête de Hounayn était l’une des dernières conquêtes menées par le Prophète صلّى الله عليه وسلّم, précisément au mois de Chawwâl et dans la huitième année de l’hégire, c’est-à-dire environ trois ans avant sa mort. En effet, il est connu dans la jurisprudence d’Es-Sîra (la biographie du Prophète صلّى الله عليه وسلّم) que les fondements de la société musulmane, divine et bien guidée sont perfectionnés et bien établis, et même s’il reste quelques aspects de mauvaises habitudes, ils ne tarderont certainement pas à disparaître. Ils ne peuvent affecter un fondement établi sur la piété envers Allah عزّ وجلّ et l’attachement ferme à Son Habl solide.

 

 

Par ailleurs, ladite histoire prouve que le djihad doit se faire avec le gouvernant musulman, tel qu’il y paraît clairement.

 

Ce qui est évident davantage est la cause religieuse légale et la priorité de l’éducation reposant sur des fondements divins, en assurant la préparation spirituelle (la foi) et matérielle pour établir et instaurer la Charia.

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

حَتَّى لاَ تَكُونَ فِتْنَةٌ وَيَكُونَ الدِّينُ كُلُّهُ للهِ﴾ [الأنفال:39].

 

Sens du verset :

 

 

﴾Jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah﴿ [El-Anfâl (Le Butin) : 39].

 

Enfin, endurer les gouvernants - même s’ils sont injustes - est l’une des obligations à accomplir en religion et l’un des comman­dements des imams dont les conseils sont dignes de confiance.

 

Je demande à Allah عزّ وجلّ de maintenir celui qui est droit sur la voie de la droiture et de guider l’égaré et d’accepter sa repentance et celle du pervers.

 

Nous Lui demandons aussi de nous guider à s’attacher fermement à Son Habl puissant, de nous accorder la puissance pour l’adorer, de nous aider à nous entraider dans le bien et la piété et de nous enjoindre mutuellement la vérité et s’enjoindre mutuellement l’endurance. Allah عزّ وجلّ rendra, certes, aisée toute situation difficile. Il en est Garant et Omnipotent.

 

Notre dernière invocation est qu’Allah, le Seigneur des Mondes, soit loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mouhammad, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

[1] Voir : Fat’h El-Bâri d’Ibn Hadjar (13/7).

 

[2] Voir : Charh Mouslim d’En-Nawawi (11/229).

 

 

[3] Voir : Ed-Dourar Es-Saniyya Fi El-Adjwiba En-Nadjdiyya (7/239).

 

[4] Rapporté par El-Boukhâri (13/5), chapitre des « Épreuves », concernant le hadith du Prophète @ qui dit : « Vous verrez, après moi, des choses que vous allez réprouver » et chapitre des « Jugements », concernant l’écoute et l’obéissance au gouvernant si ce n’est pas dans la désobéissance [à Allah]. Il est rapporté aussi par Mouslim (12/239), chapitre de « La gouvernance », concernant l’obligation de s’attacher à la communauté musulmane lors de l’apparition des épreuves.

 

[5] Voir : les deux références précédentes.

 

 

[6] On parle des fameux Azlâm, pluriel du mot Zalam, qui veut dire « Fléchettes » ou « Pierres » qui servaient à consulter le destin. Quand quelqu’un projetait de faire quelque chose, il écrivait sur une pierre « Fais », sur une autre « Ne fais pas » et sur une troisième « C’est égal ». Et selon celle qui sortait de ces trois pierres, il entreprenait son projet ou y renonçait. Note du traducteur.

 

 

[7] Voir : El-`Ouzla d’El-Khattâbi (p.57).

 

[8] Voir : Minhâdj Es-Sounna En-Nabawiyya (5/134).

 

[9] Voir : Tafsîr Et-Tabari (5/150).

 

[10] Rapporté par Mouslim (12/238), chapitre de « La gouvernance », concernant l’obligation de s’attacher à la communauté musulmane lors de l’apparition des épreuves.

 

[11] Rapporté par El-Boukhâri (13/121), chapitre des « Jugements », concernant l’écoute et l’obéissance au gouvernant et Mouslim (12/226), chapitre de « La gouvernance », concernant l’obligation d’obéir aux gouvernants si ce n’est pas dans la désobéissance [à Allah عزّ وجلّ].

 

[12] Rapporté par El-Boukhâri (13/122), chapitre de « L’information recueillie par une seule personne », à propos du fait que l’information recueillie par une seule personne, qui est véridique, est digne de confiance ; et chapitre des « Conquêtes », concernant l’escadron mené par `Abd Allâh Ibn Houdhâfa Es-Sahmi et `Alqama Ibn Moudjazziz, et chapitre des « Jugements », concernant l’écoute et l’obéissance au gouvernant si ce n’est pas dans la désobéi­ssance [à Allah عزّ وجلّ]. Il est rapporté aussi par Mouslim (12/226), chapitre de « La gouvernance », concernant l’obligation d’obéir aux gouvernants si ce n’est pas dans la désobéissance [à Allah عزّ وجلّ].

 

[13] Rapporté par El-Boukhâri (10/465), chapitre de « La bienséance », concernant l’interdiction des insultes et de la malédiction, d’après Thâbit Ibn Edh-Dhahhâk رضي الله عنه.

 

[14] Rapporté par El-Boukhâri (1/110), chapitre de « La foi », concernant la crainte du croyant que ses actions soient vaines sans s’en rendre compte, et chapitre de « La bienséance » (10/464), concernant l’interdiction des insultes et de la malédiction. Il est aussi rapporté par Mouslim, chapitre de « La foi » (2/54), d’après `Abd Allâh Ibn Mass`oûd رضي الله عنه.

 

[15] Rapporté par Et-Tirmidhi (4/350), chapitre du « Bien et du maintien de la relation », concernant les hadiths rapportés au sujet de la malédiction. Ce hadith est jugé authentique par El-Hâkim (1/12) et par El-Albâni dans Es-Silsila Es-Sahîha (hadith 320) et dans Sahîh Et-Tirmidhi (2/370). El-Arnâ'oût a considéré sa chaîne de narration comme forte dans son œuvre Charh Es-Sounna (13/134).

 

[16] Rapporté par Ibn Mâdjah (1/61) dans l’introduction de son livre, au sujet des kharidjites, d’après Djâbir Ibn `Abd Allâh رضي الله عنهما. Ce hadith est jugé authentique par El-Albâni dans Sahîh Ibn Mâdjah (hadith 142), dans Sahîh El-Adab El-Moufrad (599/774) et dans Dhilâl El-Djanna (hadith 943).

 

[17] Ceci est mentionné par El-Haythami dans Madjma` Ez-Zawâ'id (7/228). Il a dit que les hommes qui ont rapporté cela sont cités dans l’un des deux Sahîhs d’El-Boukhâri et Mouslim, mis à part `Abbâd Ibn Zâhir, qui est digne de confiance. Ibn El-Athîr a dit dans En-Nihâya (5/80) : « Les ennemis de `Outhmâne رضي الله عنه le dénomme Na`thal en référence à un Égyptien qui avait une longue barbe et qu’on appelait Na`thal. Certains ont dit que Na`thal veut dire : un vieil homme stupide. D’autres ont dit que c’est : le mâle des hyènes ».

 

[18] Voir : Charh Es-Sounna d’El-Barbahâri (p.60).

 

[19] Un hadith Marfoû` : propos, acte ou approbation attribué au Prophète صلّى الله عليه وسلّم.

 

[20] Ceci est une partie d’un hadith rapporté par Et-Tirmidhi (5/34), chapitre du « Savoir », concernant l’incitation à transmettre les hadiths que l’on entend. Et-Tirmidhi a dit : ce hadith est Hassane Sahîh (bon authentique). Ce fondement a été rapporté par une vingtaine de Compagnons. Il est considéré comme Moutawâtir (rapporté par une multitude de narrateurs) comme l’a démontré El-Kattâni dans son œuvre Nadhm El-Moutanâthir (24-25) (Voir : Silsilat El-Ahâdîth Es-Sahîha) d’El-Albâni (hadith 404).

 

[21] Voir : Miftâh Dâr Es-Sa`âda d’Ibn El-Qayyim (1/277-278).

 

[22] Voir : Madjmoû` El-Fatâwa d’Ibn Taymiya (1/18-19).

 

[23] Ibid. (35/12).

 

[24] On tient à utiliser cette méthode dans le domaine de la prédication au sentier d’Allah عزّ وجلّ, de l’enseignement, de l’information et lorsque l’on prodigue des conseils [à autrui]. Mais celui qui manifeste une hérésie, l’établit, la défend et fonde sa prédication sur sa base doit, selon que l’on sache de la voie des Salafs, être abandonné en guise de réprimande. Mettre en garde contre lui deviendrait, alors, impératif.

 

[25] Revoir cette règle dans El-Achbâh Wan-Nadhâ'ir d’Ibn El-Wakîl (1/350), El-Manthoûr d’Ez-Zarkachi (2/297), El-Achbâh Wan-Nadhâ'ir d’Es-Souyoûti (p.152), Îdhâh El-Massâlik d’El-Wancharîssi (p.315), Qawâ`id Ibn Radjab (p.230) et El-Achbâh Wan-Nadhâ'ir d’Ibn Es-Soubki (1/170).

 

[26] Voir : Madâridj Es-Sâlikîne d’Ibn El-Qayyim (2/496).

 

[27] Voir : Tafsîr El-Qortobi (4/294).

 

[28] Rapporté par Abou Dâwoûd (4/515), chapitre des « Grandes batailles », concernant ce que l’on doit faire et ce que l’on ne doit pas faire, d’après El-`Ours Ibn `Oumayra El-Kindi رضي الله عنه. Ce hadith est considéré comme Hassane (bon) par El-Albâni dans Sahîh Sounane Abi Dâwoûd (3/38) et dans El-Michkât (hadith 5141).

 

[29] Ceci est une partie d’un hadith rapporté par Mouslim (16/227), chapitre du « Savoir », à propos de quiconque faisant une bonne ou une mauvaise action, par Abou Dâwoûd (5/15), chapitre de « La Sounna », concernant l’attachement à la Sounna, par Et-Tirmidhi (5/43), chapitre du « Savoir », concernant quiconque appelant à la voie droite et Ibn Mâdjah (1/75) dans l’introduction de Es-Sounane, à propos de quiconque faisant une bonne action, d’après Abou Hourayra رضي الله عنه.

 

[30] C’est Abou Bakr Mouhammad Ibn Mouslim Ibn `Oubayd Allâh Ibn `Abd Allâh Ibn Chihâb Ez-Zouhri El-Qourachi El-Madani. Il était l’hôte d’Ech-Châm et l’un des Successeurs érudits. Il est connu pour son imamat et sa révérence. Il était El-Hâfidh (il apprenait le plus de hadiths) de son époque et un connaisseur en religion et en politique.

 

Il avait pris le devant en ce qui concerne le savoir à son époque. Il rapportait un très grand nombre de hadiths. Il décéda en 124 H/741 G. Voir sa biographie dans les références citées en marge de Miftâh El-Woussoûl d’Et-Tilimsâni que j’ai révisé (p.325).

 

[31] Voir : El-Moughni d’Ibn Qoudâma (8/113).

 

[32] Voir : Moughni El-Mouhtâdj d’Ech-Charbîni (4/124) et Hâchiyat Ed-Dassoûqi (4/300).

 

[33] Ceci est une règle régulière que le Coran et la Sounna ont établie à maintes reprises. On peut citer quelques versets.

 

 

Allah عزّ وجلّ dit :

 

وَجَزَاءُ سَيِّئَةٍ سَيِّئَةٌ مِثْلُهَا﴾ [الشورى: 40].

 

Le sens du verset :

 

﴾La sanction d’une mauvaise action est une mauvaise action [une peine]﴿ [Ech-Choûra (La Consultation) : 40].

 

 

Il dit aussi :

 

 

فَمَنِ اعْتَدَى عَلَيْكُمْ فَاعْتَدُوا عَلَيْهِ بِمِثْلِ مَا اعْتَدَى عَلَيْكُمْ﴾ [البقرة: 194].

 

 

Le sens du verset :

 

 

 

﴾Donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression égale﴿ [El-Baqara (La Vache) : 194].

 

Et Il dit :

 

وَإِنْ عَاقَبْتُمْ فَعَاقِبُوا بِمِثْلِ مَا عُوقِبْتُمْ بِهِ﴾ [النحل: 126].

 

Le sens du verset :

 

 

﴾Et si vous punissez, infligez [à l’agresseur] une punition égale au tort qu’il vous a fait﴿ [En-Nahl (Les Abeilles) : 126].

 

 

Allah عزّ وجلّ dit également :

 

جَزَاءً وِفَاقًا﴾ [النبأ: 26].

 

Le sens du verset :

 

﴾Comme rétribution équitable﴿ [En-Naba' (La Nouvelle) : 26].

 

C’est-à-dire selon leurs actions. Voir : I`lâm El-Mouaqqi`îne d’Ibn El-Qayyim (1/196).

 

[34] Rapporté par Et-Tirmidhi (4/475), chapitre des « Épreuves », concernant ce qui est rapporté dans le contexte du hadith qui dit : « Vous allez certes suivre les pas de ceux qui vous ont précédés… » et par Ahmad (5/218), d’après Abou Wâqid El-Laythi رضي الله عنه. Et-Tirmidhi a dit que ce hadith est Hassane Sahîh (bon authentique) et El-Albâni l’a jugé authentique dans Sahîh Sounane Et-Tirmidhi (2/465) et dans El-Michkât (hadith 5369).

 

 

Source :

 

http://www.ferkous.net

 

 

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