Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

 

La question :

 

 

Quel est le jugement concernant l’homme qui a dit à sa femme : « Tu es interdite pour moi si ton fils entre à la maison » en signifiant par cela deux choses :

 

- La première : il a voulu en prononçant ces propos que son fils cesse de marcher avec des gens mauvais.

 

- la deuxième : que la mère réalise ce qui lui arrivera si elle lui vient en aide, [car il pensait] que si son fils sent que personne n’est à ses côtés et se trouve seul sans appui, il changera ses idées et reviendra à la maison.

 

Le mari dit que : « J’ai eu l’intention de la répudier en prononçant le terme « Interdite » ». Sachant qu’il l’avait déjà répudiée deux fois de façon réversible ?


 

La réponse :

 

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection. Ceci dit :

 

La formule du divorce émis par un serment peut avoir la forme d’un divorce prononcé en étant lié à une condition.

 

Donc, si cet homme voulait en prononçant la phrase : « Tu es interdite pour moi si ton fils entre à la maison » d’empêcher sa femme de le laisser entrer, ou de la menacer par le serment, et n’a pas eu l’intention de la répudier si elle contrevenait à son ordre ; dans ce cas, il sera considéré comme un homme qui a fait un serment, et non comme celui qui a prononcer un divorce.

 

En effet, celui qui fait un serment [dans des cas pareil] ne peut être considéré comme tel sauf s’il déteste que les effets de son serment se produisent lorsque la condition est remplie. Cependant, s’il veut que les effets de son serment se produisent lorsque la condition est remplie, en disant par exemple à sa femme :

 

« Si tu commets l’adultère je te répudie » dans le sens que si elle le fait, il la répudiera, soit comme punition pour elle, soit parce qu’il déteste de vivre avec elle ; cela n’est pas un serment, mais un divorce effectif si la condition est remplie.

 

Cet avis est mentionné par Chaykh Al-Islâm Ibn Taymia رحمه الله qui dit : « Je ne connais aucun Compagnon qui a délivré une fatwa disant que le serment implique le divorce effectif -c’est-à-dire en cas de sa violation-.

 

De même que je ne connais aucun d’eux qui a délivré une fatwa disant que le divorce prononcé en étant lié à une condition qui a le sens d’un serment est un divorce effectif. Cette opinion est celle qui est connue et adoptée par la majorité des ulémas »[1].

 

Quant à ce qui est rapporté des Compagnons par rapport au fait qu’ils jugeaient effectif le divorce prononcé en étant lié à une condition ; ce jugement est, en effet, porté sur le divorce prononcé en étant purement lié à une condition sans qu’il n’ait le sens de serment.

 

Quant au divorce prononcé en étant lié à une condition qui a le sens d’un serment, aucun n’a rapporté que les Compagnons ont délivré une fatwa disant que cette forme de divorce est effectif, suivant ce qui est établi précédemment par Chaykh Al-Islâm Ibn Taymia رحمه الله.

 

Sur ce, si, par la condition qu’il a prononcé dans sa phrase, le mari avait l’intention de répudier sa femme en cas où la condition est remplie, son divorce sera alors effectif, et elle lui sera interdite à moins qu’elle ne se marie avec un autre, étant donné qu’il l’a répudiée pour la troisième fois.

 

Si, toutefois, il n’a pas eu cette intention, ce qu’il a prononcé n’est alors qu’un serment qu’il doit expier.

 

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.


 

Alger, le 18 Safar 1428 H

 

Correspondant au: 7 Mars 2007


 

 

[1] Voir : Madjmoû` Al-Fatâwa d’Ibn Taymia (33/224).


 

Source :

 

http://www.ferkous.net

Tag(s) : #Mariage - divorce

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