Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

 

La question :

 

 

Quel est le jugement concernant celui qui jeûne le premier jour du mois de Ramadan dans son pays, tandis que c’est le deuxième jour dans le pays où il a voyagé ?

 

Les gens de ce pays peuvent jeûner vingt neuf (29) jours, alors que lui n’a jeûné que vingt huit (28) jours.

 

Est-ce qu’il doit, dans ce cas, continuer son jeûne le jour où les gens du pays où il se trouve rompent le jeûne ; ou est-ce qu’il doit rompre le jeûne avec eux, puis rattraper ultérieurement le jeûne du jour qui lui reste.

 

Encore, quel est le jugement concernant celui qui lui arrive le contraire ; c’est-à-dire qu’il jeûne un jour dans son pays avant que le pays où il est allé commence le jeûne ; qu’est-ce qu’il fera, ensuite, si les gens dans ce pays jeûnent trente (30) jours ?

 

Est-ce jeûnera, dans ce cas, trente et un (31) jours ? Ayez l’obligeance de nous répondre et qu’Allah vous rétribue du bien.

 

 

La réponse :

 

 

 

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

 

Ceci dit :

 

En principe, le musulman, dans quel pays il se trouve, doit jeûner et rompre le jeûne avec l’ensemble ou la majorité des gens et leur Imam (gouvernant) ; qu’il soit avec les gens de son pays ou d’un autre pays, conformément au hadith du Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم :

 

« Le jeûne est le jour où vous (l'ensemble des musulmans) jeûnez; la rupture (du jeûne) est le jour où vous (l'ensemble des musulmans) rompez le jeûne et le sacrifice (de l'Aïd) est le jour où vous (l'ensemble des musulmans) offrez le sacrifice »[1].

 

De plus, le sens compris de ce hadith, à savoir l’obligation d’observer le jeûne et de le rompre avec l’ensemble des musulmans, a été utilisé par Aïcha  رضي الله عنها comme un argument lorsque Masroûq s’est abstenu de jeûner le jour de `Arafa de peur qu’il soit le jour de l’immolation (l'Aïd) ; il dit :

 

« J’était rentré à [la maison] d’Aïcha le jour de `Arafa. Elle a dit, alors, à ses servants : « offrez à Masroûq du Sawîq et faites-le bien sucré ».

 

Je lui ai dit : « Je ne me suis abstenu de jeûner aujourd’hui que par peur qu’il soit le jour de l’immolation ». Alors, Aïcha a dit : « Le sacrifice (de l'Aïd) est le jour où les gens tous offrent le sacrifice, et la rupture (du jeûne) est le jour où les gens tous rompent le jeûne » »[2].

 

De ce hadith nous comprenons que l’acte individuel n’est pas considéré dans les adorations qui se font en groupe, tels que le jeûne, la rupture du jeûne, le sacrifice [du jour de l’Aïd] et la célébration de l’Aïd…etc.

 

 

Aussi, le fait de suivre un autre ensemble de gens que celui où l’on se trouve n’est pas considéré dans ces adorations. Il faut, plutôt, suivre l’Imam et l’ensemble des gens dans lequel on se trouve, que ce soit dans l’observation du jeûne ou dans sa rupture.

 

Sur ce, étant concerné par le jugement [de l’ensemble des gens dans lequel il se trouve], s’il jeûne moins de vingt neuf (29) jours avec les gens du pays où il est allé ; dans ce cas, il doit rattraper ultérieurement le jeûne des jours qui lui manquent, car le mois lunaire ne peut être moins de vingt neuf (29) jours comme il ne dépasse pas trente (30) jours, suivant le hadith du Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم:

 

« Nous sommes une nation analphabète, nous ne savons ni écrire ni compter ; le mois est comme cela ou comme cela[3]»[4].

 

 

Par ailleurs, s’il accomplit trente (30) de jeûne, puis il va dans un autre pays dont les gens doivent encore jeûner un jour ou plus ; dans ce cas, il doit jeûner avec eux, et considérer le jeûne des jours qu’il a ajoutés comme un jeûne surérogatoire.

 

En outre, il doit, aussi, rompre le jeûne et célébrer l’Aïd avec eux, afin de réaliser l’objectif de la Charia qui tend à unir les musulmans, à les réunir dans la pratique des rites de leur religion et à les éloigner de tout ce qui sème la division entre eux ; car, certes, la Main d’Allah (Son Soutien) est avec la communion.

 

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed صلّى الله عليه وآله وسلّم, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

 

 

Alger, le 11 Ramadhâne 1427 H

 

 

Correspondant au 4 octobre 2006 G

 

 

[1] Rapporté par Abou Dâwoûd, chapitre du « Jeûne » (hadith 2324), par Et-Tirmidhi, chapitre du « Jeûne » (hadith 697) et par Ibn Mâdjah, chapitre du « Jeûne » (hadith 1660), par Abd Er-Rezzâq dans « El-Moussannaf » (hadith 7304) et par Ed-Dâraqoutni (hadith 6378) par l’intermédiaire d’Abou Hourayra رضي الله عنه. Ce hadith est jugé authentique par Ibn Kathîr dans « Irchâd El-Faqîh » (1/280), et il est jugé Hassane (bon) par El-Albâni dans « El-Irwâ’ » (4/13).

 

 

 

[2] Rapporté par El-Beyhaqi (hadith 8301). Sa chaîne de transmission est jugée très bonne par El-Albâni dans « Es-Silsila Es-Sahîha » (hadith 1/1/442).

 

 

 

[3] Le Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم a indiqué avec ses doigts le nombre 29 puis le nombre 30. Note du traducteur.

 

 

 

[4] Rapporté par El-Boukhâri, chapitre du « Jeûne » (hadith 1814), par Mouslim, chapitre du « Jeûne » (hadith 1080), par Abou Dâwoûd, chapitre du « Jeûne » (hadith 2319), par En-Nassâ’i, chapitre du « Jeûne » (hadith 2140), par Ahmed (hadith 4997), par El-Beyhaqi (hadith 8292) et par El-Baghawi dans « Charh Es-Sounna » (6/228) par l’intermédiaire de `Abd Allah Ibn `Omar رضي الله عنهما.

 

 

 

Source :

 

 

http://www.ferkous.net

Tag(s) : #Jeune

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :