Sheikh Muhammad Ibn 'Abdellah Al-Emam - (hafidhahou Allah )

 

 

بسم الله الرحمن الرحيم

  

 

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux


Certes la louange est à Allah, et j’atteste qu’il n’y a de divinité si ce n’est Allah, Seul et sans associer et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et messager ; Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur lui, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.


Ce soir, vous entendrez quelques indications qui apporteront une clarification sur la da’wa (méthodologie) des gens de la Sounna et du Consensus (Ahl As-Sounna oua Al Jama'a)… 


Et les gens de la Sounna et du Consensus sont les compagnons (Sahâba) et ceux qui les ont suivis et ce jusqu'a l'arrivée de l'Heure (la résurrection). 


Les gens de la Sounna, se font appeler ainsi parce qu’ils y sont [fermement] rattachés et si on utilise le terme « Sounna », c’est qu’on désigne par là tout ce qui est venu du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), c’est-à-dire le Saint Coran et la Sounna purifiée.


Ainsi, les gens de la Sounna ne désirent pas autre chose en échange et ne permettent pas de déviation. Ils sont sur le consensus qui dit :

 

s’accrocher au Livre de notre Seigneur et la Sounna de notre Prophète et ce sur quoi étaient nos pieux prédécesseurs de la meilleure manière. Les gens de la Sounna croient que tout le bien réside dans le suivi du Prophète – (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et inversement à cela, ils croient que tout le mal est causé par la désobéissance au Prophète – (paix et bénédictions d’Allah sur lui).


 Le Sheikh de l’Islam, Ibn Al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit lors de l’explication du verset : « Si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleure interprétation (et aboutissement).»[1] : "Allah révèle au sujet des disputeurs s’ils jugent et se font jugés par le Livre (d’Allah) et la Sounna, ils auront et seront sur une issue favorable [et inversement], toute personne qui ne se fera pas juger et ne jugera pas par le Livre et la Sounna, alors sa fin sera mauvaise". 


Ibn Al-Qayyim, cite également ceci, tout en expliquant ce verset : « et celui qui observe ce bas-monde et les maux qui l’affectent, comprendra dés lors que la cause de cela [ce désordre] n’est autre que la désobéissance au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et le fait de s’être écarté de son obéissance ; il comprendra donc que tout le bien réside dans l’obéissance au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui)". 


Il poursuit en disant : "et il en est de même pour les maux qui concernent l’au-delà, ses souffrances et ses châtiments ne sont que les conséquences de cette désobéissance au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ". 


Il dit encore : "c’est ainsi que le mal de la vie d’ici-bas et de l’au-delà a été ramené qu’à la désobéissance au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) ; [de ce fait], l’obéissance au Messager est telle une citadelle, quiconque y entre sera parmi ceux qui seront en sécurité ; Et telle une grotte, quiconque s’y réfugie sera parmi ceux qui seront secourus" [Fin de ses paroles –qu’Allah lui fasse miséricorde] 


Et donc à travers ce que vous venez d’entendre et ce que vous allez entendre et ce que vous savez sur ce qu’Allah a rendu obligatoire pour les musulmans quant à suivre la guidée de leur Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui), ceci nous pousse à croire, d’une croyance sans faille et c’est par ceci que nos cœurs se remplissent de certitude ; qu’il n’y rien de plus bénéfique pour nous que le suivi de notre Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui).

 

Il n’y a rien d’autre plus cher à nos âmes que le suivi du Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui) et il n’y a rien d’autre de plus détestable à nos âmes que la désobéissance au Messager (paix et bénédictions d’Allah sur lui). 


Il a été rapporté dans Al-Boukhari, un hadith Mou'alaq[2], relaté par Ibn Nasr Al-Marwazi dans « As-Souna » et par Al-Lalakai et relaté également par Al-Hafîdh dans « taghlîq at-ta'lîq » selon lequel Ibn ‘Awn a dit : « J'aime trois choses lesquelles je recommanderais à moi-même et à mes frères :


1/ Ce Saint Coran (Al-Qur'ân Al-Karim), afin qu’ils l’étudient et le méditent ; et qu’ils le comprennent et le mettent en application.


2/ La Sounna du Messager (As-Sounna An-Nabawiya), afin qu’ils s’y attachent et qu’ils la mettent en application.


3/ Délaisser les gens sauf dans le bien, c’est-à-dire qu’ils ne s’écartent des gens et ils ne les soutiennent et ne collaborent avec eux que dans ce qui est convenable ; que dans ce qui est convenable ! 


La da’wa des gens de la Sounna et du Consensus (Ahl As-Sounna oua Al Jama'a), par la grâce d’Allah, est une da’wa remplie de bien et par laquelle s’établit l’ordre dans la religion des musulmans et par laquelle s’améliore leur vie ; et certes, qu’Allah fasse miséricorde au Sheikh de l’Islam Ibn Taymiyya qui a dit : « Quant aux gens de la Sounna, ils connaissent mieux la vérité que quiconque et sont plus cléments envers les hommes que quiconque ». 


Quant au segment : « ils connaissent mieux la vérité que quiconque » : c’est parce qu’ils s’attachent à la science qui est bénéfique.

 

Ainsi, ils passe le plus clair de leur temps dans l’apprentissage de la science légiférée et ils se concurrencent dans ce domaine et perdurent dans cette continuité et dépensent de leur argent et voyagent pour cela, sachant que pour certains d’entres-eux, cela (leur déplacement) a prit la majeur partie de leur existence uniquement dans le but d’acquérir la science légiférée.

 

Ils souhaitent par cela, se défaire de leur propre ignorance et de celle de leur Oumma ; et s'efforcent de réformer la société dans son ensemble, réformer les musulmans dans leurs croyances et dans leur comportement et leurs transactions ainsi que dans leurs adorations.

 

Tout ceci ne peut s’obtenir qu’à travers la science légiférée, c’est la raison pour laquelle lorsque les gens de la Sounna ont focalisés leur attention sur cette science légiférée en suivant le chemin des prédécesseurs (Salaf), ils sont devenu de ce fait ceux qui connaissent mieux la vérité que quiconque ; ainsi qu’Allah fasse miséricorde au Sheikh de l’Islam Ibn Taymiyya lorsqu’il répondait aux plus grands savants du « Kalâm »[3] et des prêcheurs de l’égarement en disant : « certes, ils ont été dotés d’intelligence mais pas de discernement, ils ont été dotés de réflexion mais pas de science ; ainsi, ils ont été dotés d’une ouïe, des yeux et des cœurs mais ni leur ouïe, ni leurs yeux, ni leurs cœurs ne leur ont profité en quoi que ce soit » ; À l’inverse de celui qui est assidu dans l’apprentissage de la science légiférée, car en effet Allah accorde Sa bénédiction dans le minimum et Allah fait en sorte que tout le monde profite de cette énorme bénéfice par le biais de cette personne. 


Quant au segment : « ils sont plus cléments envers les hommes que quiconque » ; c’est-à-dire qu’’ils aiment pour les gens ce qu’ils aiment pour eux-mêmes et s’empressent de réformer la religion des gens, de sorte à rendre leur croyance, c’est-à-dire celle des musulmans, saine et droite. Et aussi pour qu’ils suivent des voies qui sont bonnes, qu’ils empruntent un chemin découlant du Livre et de la Sounna.

 

Ils s’empressent également de réformer la vie des gens, ainsi ils apprennent aux gens ce qu’est le halal, tout ce qu’Allah a rendu licite.

 

Ils leur montrent au combien les choses qui sont halal comportent d’innombrables bénéfices et au combien ces choses halal peuvent être florissantes dans la vie d’ici-bas dans l’au-delà. [De même], qu’ils mettent en garde les gens contre le Haram, et tout ce qui y achemine ; c’est par ce biais-là, par la grâce d’Allah, que le bien atteint les musulmans ou du moins de ce qui leur parvient.

 

Et ainsi, à l’apparition des fitan, ils sont telles des portes qui viendraient se refermer devant les fitan, par la grâce d’Allah le Seigneur des Mondes ! Ils sont des clés du bien, par la grâce d’Allah le Seigneur des Mondes ! Les gens en tirent un réel profit qui varie selon ce qu’ils acceptent de cette da’wa prodigieuse et de ce qu’ils en font [après]. 


La da’wa des gens de la Sounna, c’est la da’wa qui perdure et qui est bénéfique ; elle est réellement prodigieuse.

 

C’est la da’wa qui, à chaque fois qu’apparait les fitan, elle a prouvé aux gens qu’elle était une da’wa authentique et une da’wa droite et une da’wa juste et saine ; Une da’wa, dont les effets à long terme, sont bénéfiques et oriente vers des fins profitables à l’inverse des autres méthodes (de prédication), dont il n’y a pas une seule fitna qui éclate, sans qu’elle ne dévoile leurs travers et ne laisse apparaitre leurs flancs et sans qu’elles ne se découvrent de tous ses artifices, pour devenir pleinement visible aux regards des gens. 

 


Quant à la da’wa des gens de la Sounna, il est probable de temps à autre, qu’il arrive que l’on accepte des prêcheurs des gens de l’innovation, cette image négative qu’ils lui collent, toutefois, quelques jours suffisent pour qu’elle soit perçue sous son véritable aspect et qu’elle reprenne sa splendide apparence. 


Aussi, lors de cette fitna, qui a jaillie et émergée dans les pays arabes et qui a engendrée ce qu’elle a engendrée et qui a brisée et anéanti et semée la corruption de sorte à ne laisser qu’un vaste désordre [sur son passage] et qui a été la cause d’une grande dévastation qui s’est généralisée ; lors de cette fitna, aucune autre da’wa n’a pu rester ferme en dehors de la da’wa des gens de la Sounna !

 

De même qu’aucune autre da’wa [en dehors de celle-ci] n’a pu se montrer digne et adopter une posture fiable et protectrice et montrer une véritable attention. Elle est resté loyal envers les musulmans et elle a su préserver leurs croyances et protéger leurs honneurs ainsi que leurs biens ; ceci est la da’wa des gens de la Sounna !

 

Quant aux autres méthodes (de prédication), elles se sont dévoilées en laissant apparaître leurs vrais vices, sans compter ce qu’elles renfermaient comme tromperie et comme ruse ; comme perfidie et comme trahison et sans compter les énormes dégâts qui ont touchés les musulmans. 


Comment la da’wa des gens de la Sounna ne serait-elle pas ainsi, comme l’a décrite le Sheikh de l’Islam : « Quant aux gens de la Sounna, ils connaissent mieux la vérité que quiconque et sont plus cléments envers les hommes que quiconque ». 


Les musulmans ont pu observer, lors de ces fitan, que ceux qui sont cléments envers-eux et qui veillent sur eux, sont les gens de la Sounna, par la grâce d’Allah.

 

Bien sûr, nous ne parlons pas d’individus, car il existe des individus qui laissent apparaître un certain comportement quelque peu désinvolte qu’on ne peut laisser entrevoir chez certains partisans des gens de l’innovation : et ceci au nom des gens de la Sounna ; nous ne parlons pas d’individus !

 

Nous parlons évidement de ce sur quoi sont les savants des gens de la Sounna et aussi les étudiants en science religieuse et les prêcheurs et ceux qui se sont satisfaits de cette da’wa, ainsi que tous ceux qui sont restés à l’abri de toute influence idéologique lors des fitan qui éclatent. 


Cette da’wa prodigieuse, attend de nous tous, que nous fassions l’effort de la protéger et de la préserver et elle a besoin que nous prenions sa défense et que nous nous y attachions et que nous fassions preuve de patience et elle exige de nous un certain dévouement et de l’endurance afin qu’elle puisse continuer à s’étendre et pour qu’elle se raffermisse et qu’augmente ainsi le bénéfice qu’elle apporte [aux gens].

 

Tout ceci dépend des efforts que fourniront les gens de la Sounna, en premier les savants des gens de la Sounna puis leurs étudiants et aussi les sympathisants [de cette da’wa] et ceux qui s’y affilient et ceux qui l’appuient et ceux qui la soutiennent.

 

Certes, parmi ce qu’il faudrait signaler explicitement, c’est que la da’wa des gens de la Sounna doit se répandre dans la quiétude et par la sagesse, avec rigueur et discernement.

 

Elle ne doit pas se répandre en entrant dans des conflits et en prêtant l’ouïe aux polémiques et avec des agissements qui ne sont pas louables chez les gens de la Sounna.

 

Les gens de la Sounna, les étudiants en science religieuse, ont besoin de faire un effort sur eux-mêmes pour figurer parmi ceux qui font prospérer cette da’wa et que par son biais, ils en ressentent la satisfaction et qu’à travers leurs efforts et leur sagesse, ils arrivent à renforcer sa présence. 


À partir de là, [il serait bon de dire] que la da’wa des gens de la Sounna repose sur la douceur, elle n’est pas comme semblent vouloir la décrire ses contradicteurs et ceux qui s’appliquent à causer sa ruine, c’est-à-dire que c’est une da’wa qui montre de la rigidité et une forme d’intolérance et qu’elle ne consiste qu’à des rivalités : ces propos émanent de ceux qui aiment se disputer avec les gens de la Sounna. 


Il ne fait aucun doute, que certains étudiants en science religieuse laissent paraitre un peu de ces choses-là, c’est la raison pour laquelle nous prodiguons des directives afin que les étudiants en religion puissent accroître leurs connaissances et fassent preuve de rigueur et de dextérité. Al-Hassan Al-Basri – qu’Allah Le Très Haut lui fasse miséricorde - a certes dit ceci : 

 

« le croyant propage la sagesse d’Allah, ainsi lorsqu’elle est acceptée [par les autres] alors il se doit de louer Allah, et au quel cas elle n’est pas acceptée, alors il se doit tout de même de louer Allah ».

 

Il (Al-Hassan Al-Basri) a dit qu’il se doit de louer Allah, lorsqu’elle n’est pas acceptée parce qu’il a transmis [cette sagesse], parce qu’il a transmis [cette sagesse] et accomplit ce qu'il considère être son devoir.

 

Ainsi, l’individu, lorsqu’il a transmis ce qu’il avait à transmettre, on ne peut plus lui faire de reproches, on ne peut plus lui faire de critiques ; et la guidée est entre les mains d'Allah - Gloire et Pureté à Lui le Très haut.

 

Sachant qu’Allah – Le Très Haut – a certainement étendu cette guidée par une profusion de bien et de succès sur beaucoup de gens du Yémen – avec la grâce d’Allah le Seigneur des mondes...certes, il s’agit des paroles d’Al-Hassan Al-Basri. 


Et il a été rapporté qu’un homme est venu voir l’imam Malik pour lui dire ceci : 


- « ô Aba ‘Abdi Allah ! Je suis un homme qui à une parfaite connaissance de la Sounna, devrais-je débattre à son sujet ? » 

Qu’a répondu l’imam Malik – qu’Allah lui fasse miséricorde ? S’est-il réjoui de cet enthousiasme débordant, de cet emportement ? 


- Il a répondu en lui disant : « Non ! Contentes-toi de montrer la Sounna. Contentes-toi de clarifier la Sounna [aux gens]. » 

Voici en quoi consiste notre tâche, nous devons montrer la Sounna et nous devons la clarifier en disant :

 

« Allah a dit ceci… Son messager a dit ceci… les Salaf de cette nation étaient sur ceci et cela… » ; Celui qui accepte, tant mieux et celui qui refuse : Allah a dit : « Et tu n'es pas un dominateur sur eux.»[4


Et aussi, un homme est venu voir l’imam Ahmed – qu’Allah lui fasse miséricorde, pour lui dire ceci : « ô Aba ‘Abdi Allah ! Lorsqu’une assemblée est composée que de gens de l’innovation et qu’il n’y a pas de partisans de la Sounna à part moi, dois-je débattre [avec eux] au sujet de la Sounna ? » 


Que lui a répondu l’imam Ahmed ? 


- Il a répondu en lui disant : « Non ! Ne laisse pas ton âme te conduire à faire cela... Ne laisse pas ton âme te conduire à faire cela ! Cependant, tu te dois de montrer la Sounna, tu te dois de montrer la Sounna et ne rentre pas en conflit [avec eux] ». C’est-à-dire, ne polémique pas [avec eux].

 

Si nous devions ouvrir une porte qui nous conduirait aux chamailleries, cela nous mènerait qu’à des excès et à des préjudices… cela nous mènerait à des préjudices et c’est la raison pour laquelle les savants n’ouvrent pas la porte qui conduit à des débats dés lors qu’une personne se manifeste et se montre. Il peut arriver, par moment et dans des situations particulières, qu’ils rentrent dans la polémique lorsqu’ils s’aperçoivent qu’il y a un intérêt général qui justifie cela.

 

Et d’ailleurs ils ne sont pas ainsi, à se quereller avec chaque personne qui se présenterait à eux et à se disputer et rentrer avec elle dans des rivalités et des querelles. De ce fait, si cela est la position des savants qui font partie des grandes références parmi les Salaf, l’imam Malik et l’imam Ahmed et Al-Hassan Al-Basri…et si on se référerait à d’autres savants qu’eux on y trouverait la même chose ou d’avantage, alors qui sommes nous à leurs côtés, nous dont la situation et celle de nos sociétés avons besoin de souplesse, de clairvoyance et de sagesse pour que la da’wa aboutisse. 


Ce que je veux dire par là, c’est que certains étudiants sont animés d’un enthousiasme débordant, d’un enthousiasme excessif, sans pour autant être informés sur la situation des gens et sans prêter attention aux conséquences, s’imaginant que cet enthousiasme est la chose requise [pour faire la da’wa]. L’enthousiasme à ses limites, l’enthousiasme à ses limites et la da’wa, c’est la da’wa d’Allah !

 

Elle n’est en aucun cas la da’wa d’une seule personne ; la da’wa ce n’est pas non plus juste un sermon ou juste une conférence ou juste une parole qui se dit, mais il s’agit bien là de la religion d’Allah qui doit être diffusée et doit être entendue parmi les gens et celle qui doit être expliquée aux gens avec sa juste définition.

 

Et cela ne signifie pas que notre société est une société de mécréants, nous disons que notre société est musulmane sunnite, la majorité apparente est sur le bien, par la grâce d’Allah ! Cependant, la communauté reste toujours dans le besoin à ce qu’on lui inculque d’avantage de compréhension et d’éclaircissements et d’avantage de clarifications et de patience et dans le besoin à ce qu’on lui détaille ce en quoi consiste la da’wa des gens de la Sounna et de tous ce qu’il y a de bien en eux.  

 

Ainsi, faire preuve de douceur dans la da’wa est indispensable, tout particulièrement envers le débutant, car le débutant est plus prompt à être influencé (émotif), donc si tu observes parmi ceux que tu observes des erreurs et des écarts, bien sur nous ne te disons pas de te taire et de rester comme ça sans parler, au point de rester silencieux, mais on te demande plutôt de leur apporter les paroles d’Allah et les paroles de Son Messager ! Car toute la guidée repose sur les paroles d’Allah et les paroles de Son Messager ;

 

Et la lumière et le bien se trouve dans les paroles d’Allah et les paroles de Son Messager et laisse-donc ce qui vient de ta propre personne ! Écartes-toi de ce qui pourrait te mettre les gens à dos. Par exemple, s’il t’arrive de remarquer une quelconque innovation, s’il t’arrive de voir une quelconque forme de désobéissance, dis : « voilà ce qu’Allah a dit et ce que son Messager a dit… », en montrant que c’est une innovation ou que c’est une forme de désobéissance et cela suffit !

 

Et cela suffit ! Et ne rentres pas, en joignant à ce que tu viens de dire, des paroles sur les individus [en disant que] untel est mauvais, que celui-là est ignoble, que l’autre est un criminel, etc.

 

C’est ce qui va forcement te mettre les gens à dos et permettre à celui sur qui tu as parlé, de trouver des alliés contre toi auprès des démons parmi les djinns et les hommes et ces démons-là se rassembleront et lâcheront contre toi ceux qui s’activeront pour t’anéantir et te feront descendre de ta chaire (minbar) et te feront descendre et te chasseront de la mosquée et te feront sortir sans que tu puisses faire la da’wa, sans que tu puisses continuer à faire le bien et sans aucune réussite. 


Il convient donc de ne pas prendre ce genre d’excès à la légère, d’éviter tout excès dans le cadre de la da’wa. Car certes, tu n’es pas plus jaloux que les savants, tu n’es pas plus jaloux qu’eux pour la religion ! Si tu entends l’imam Ahmed – qu’Allah lui fasse miséricorde, alors qu’il parlait avec son compagnon ; comment il se comportait avec les gens du « Kalâm [4] », avec des égareurs.

 

[Car il convient bien de dire que] les gens du « Kalâm », ne sont que des égareurs ! À combien de pratiques controversées, certains d’entres-eux ont recourent et nombre d’égarements chez les autres, et malgré cela il lui dit : « Ne cherche pas la polémique ! Ne cherche pas la polémique ! Ne laisse pas ton âme te conduire à la chamaillerie ! »… d’avec untel et untel…etc. c'est-à-dire rentrer dans des conflits, non ! 

 

La da’wa des gens de la Sounna doit se propager avec calme, car dés qu’on se met à agiter ses opposants, alors qui pourrait nous épargner d’eux et qui pourrait nous préserver d’eux ? Je crains plutôt que nous devenions des victimes à cause de fautes, de fautes qui proviendraient du prêcheur et de l’étudiant qui, comme tu viens de l’entendre, ne mesure pas les conséquences qui peuvent en découler. 

Lorsque tu dis aux gens, c’est-à-dire lorsque tu fais entendre aux gens ceci : « voilà ce qu’Allah a dit et ce que son Messager a dit… », si une personne se lève et se met à t’insulter, alors [à ce moment-là] tous les gens seront avec toi et lui diront : « pourquoi tu l’insultes, il ne t’a dit que du bien, il ne t’a fait entendre que des paroles d’Allah et des paroles de Son Messager ? Pourquoi es-tu dur avec lui ? ».

 

Et les gens se mettrons de ton côté. 


Mais si tu te laisses emporter à son propos et que tu dises : « prenez garde à cette crapule !» ou tu dises une parole de ce genre contenant des offenses et que tu t’adresses à lui avec ce genre d’offenses, il dira : « Vous avez vu ? Vous avez entendu ce qu’il a dit sur moi ? Vous avez vu de quelle façon il m’a dénigré ! Vous avez vu de quelle façon il s’est comporté avec moi, et vous demeurez ainsi silencieux ?» etc. 


Donc, comme tu viens de l’entendre, Barak Allah ou fik, la da’wa, c’est la da’wa d’Allah et celle de Son Messager.

 

Que celui qui veut faire partie de ses partisans et de ceux qui en sont les plus dignes et les plus proches, qu’il éduque son âme sur le bon comportement et les usages légiférés et il ne doit pas s’emporter, il ne doit pas s’emporter comme bon lui semble (selon sa compréhension), mais il demande conseil et en profite ; il observe comment les savants s’y prennent dans le prêche, comment ils communiquent avec les gens, comment ils patientent, comment ils pardonnent et font preuve d’indulgence et comment ils endurent pour la da’wa, pour la da’wa et non pas pour eux-mêmes !

 

Les savants ne sont pas des insouciants, ce ne sont pas des gens distraits, bien au contraire, ils ont une parfaite connaissance des situations, cependant, ils penchent pour ce qu’il y a de plus prépondérant et ce qui est plus approprié pour la da’wa


Aux étudiants qui débutent, à ceux qui débutent, voici le conseil que je leur adresse, voici le conseil que je leur promulgue : Qu’ils ne se précipitent pas dans le domaine de la da’wa, c'est-à-dire qu’il ne se désigne pas comme étant un prêcheur et débutant dans la recherche de la science ; alors qu’il est probable qu’il n’a pas une lecture coranique correcte […] et tu le vois entrer en conflit avec les gens et il parle de-ci et deçà et tu le vois se heurter de front !


Non ! Apprends en premier ! Prends ce qu’il te faut en science, prends ce qui est une arme pour toi !

 

Entre dans la bataille avec des armes, n’entres pas ainsi sans armes en partant perdant dés le départ ! La vie, la société est envahie d’une multitude de gens de toutes sortes, toutes tendances confondues, de divers groupes et divers genres, celui-ci étant un rafidite (la secte chiite rafidites), celui-là étant un soufi, celui-ci étant un hizbi, celui-là étant un kourmouti battini, et ce dernier un Ilmani (philosophe) etc.

 

Tu va affronter ce que tu n’imagines même pas, que ce soit parmi ceux que tu côtois ou ceux que tu vois qu’ils fréquentent la mosquée, ne crois pas qu’ils vont tous se conformer à ce que tu vas leur dire en répondant : «Nous avons entendu et nous avons obéi ; nous nous soumettons » ;  


Non ! bien sûr que non ! 


Il y a des manquements ci et là, il y a des maladies et donc, l’étudiant en religion a besoin de se perfectionner petit à petit dans la da’wa à Allah le Très Haut.

 

Et celui qui veut réussir dans la da’wa, il se doit d’être lui-même quelqu’un de droit, il se doit d’être avant tout quelqu’un de droit.

 

Ainsi, si tu es quelqu’un de droit et que tu retournes dans ta ville et que tu demeures assidu dans tes prières (journalières), que tu obéisses à tes parents, que tu t’éloignes des actes de désobéissance, que tu ne fréquentes pas les pervers ni les mauvais et personne d’autre, que tu t’adresses aux gens avec des paroles agréables, avec un bon comportement, alors les gens te regarderont comme si tu étais un ange, comme si tu étais un ange descendu du ciel ; tant que tu persistes ainsi dans ce bon comportement, même si tu ne fais pas de sermons et que tu ne donnes pas de conférences.

 

Mais dés lors que tu feras des sermons et que tu donneras des conférences etc., les gens regarderont immédiatement tes actions, sont-elles conformes aux paroles ? Sont-elles conforme à un suivi ?

 

Sont-elles conformes à ceux que tu leurs à fait entendre ou sont-elles contraires ? Ainsi, s’ils y trouvent ne serait-ce qu’une faille, ils n’hésiteront pas à dire l’homme n’est pas comme nous le pensions ; il se trouve que l’homme a tel et tel défaut…et les gens se mettront à critiquer. 


Et c’est la raison pour laquelle, comme tu viens de l’entendre, ce qui est demandé à la personne qui n’excelle pas, il ne doit pas faire de sermons et il ne doit pas faire de conférences et également, ceci est valable pour celui qui ne maîtrise pas la lecture du Coran, il ne doit pas s’engager dans des choses qui ne maîtrisent pas en utilisant l’argument qui consiste à dire : « j’étais au Centre Dar Al-Hadith d'Al-Ma’bar ; j’étais à tel endroit ; J’ai étudié à Dar Al-Hadith », ceci ne te sera d’aucun profit, ceci ne suffit pas ! 


Ce qui est demandé, c’est que tu en tires profite et que tu ailles plus loin dans ta quête de la science jusqu’à ce que tu puisses aboutir à une réelle acquisition de la science, pour que tu puisses être profitable, pour que tu puisses enseigner, c'est-à-dire que les gens puissent tirer profit de toi petit à petit. Donc, comme vous venais de l’entendre, Barak Allah ou fikoum, les étudiants qui débutent ne doivent pas s’avancer sur une chose tant qu’ils ne la maîtrisent pas maintenant. 


La da’wa a besoin à ce que l’on s’investisse et que l’on soit prévenant à l'égard de soi-même, ceci par bienveillance envers elle (la da’wa).

 

Si pour cette da’wa qui est la da’wa des gens de la Sounna et du Consensus, Allah lui a désigné des prophètes et des messagers afin qu’elle se propage et qu’elle soit acceptée, alors tu ne dois pas prendre cette affaire (cette da’wa) à la légère et débarquer de la sorte pour amorcer une da’wa, alors que tu n’as même pas commencé par toi-même [en t’y préparant], tu ne t’es même pas encore préparé et tu ne t’es même pas encore corrigé (ta personne) etc.

 

Ce qui est demandé donc, c’est d’être bienveillant envers la da’wa, comme tu viens de l’entendre.

 

Et je ne t’invite pas à ce que tu renonces à un droit, non ! ma’adha Allah (ô grand non !) ; et encore moins que tu te montres indifférent, non !

 

Mais je veux que tu puisses faire preuve de sagesse, que tu agisses avec sagesse dans tes affaires pour être capable (par la suite) de fermer la porte à ceux qui restent dans l'expectative à ton égard ; et à ceux qui désirent que tu échoues dans ta da’wa et que tu sois expulsé. 


Là, à l’heure actuelle, pour beaucoup de gens, les choses se sont clarifiées avec la plus grande clarté, à savoir que la da’wa des gens de la Sounna, est bel et bien la da’wa authentique et celle qui est salutaire pour les gens.

 

Elle n’a pas été préjudiciable envers eux, [sous quelque forme que ce soit] qu’il s’agisse de biens ou de renommé ou encore de la religion ou de la vie d’ici-bas ; au contraire, ils en tirent profit. Ils ont même constaté qu’elle était plus clémente qu’eux envers eux-mêmes. 


Aujourd’hui, ceci est un fait pour beaucoup de gens ! [Cependant], ce bien [dont il est question], comment est-il susceptible de nous échapper alors qu’il est entre nos mains ?

 

Il peut nous échapper d’entres nos mains, à partir du moment où certains d’entres-nous ne maîtriseront pas les règles de la da’wa, et iront faire des choses qui stigmatiseront la da’wa, ce qui permettra à ceux qui ont une animosité dans leurs cœurs envers la da’wa des gens de la Sounna d’en tirer profit pour éloigner les gens et étouffer cette motivation pour cette da’wa qu’ils ont dans leurs cœurs et de ce fait l’anéantir à leurs yeux…petit à petit. 


C’est la raison pour laquelle, comme je viens de vous le dire, la da’wa est d’une importance capitale, cependant, ceux qui en sont les porteurs, doivent craindre Allah et être au dessus de toute obstination et de tout fanatisme envers les personnes.

 

Et doivent éviter d’entrer dans les querelles et les conflits et dans les rivalités et tout ce qui s’y apparente ; et ils doivent éviter tous ces fléaux qui sont la cause de l’affaiblissement de la da’wa à Allah – Glorifié Soit-Il. 

Ô vous mes frères ! Sachez que les prêcheurs des gens de l’innovation, sachez que les prêcheurs des gens de l’innovation et les prêcheurs de l’égarement, leur pratique est désormais bien connues à travers l’histoire, à savoir qu’ils sont tel que l’a dit Ibn Hazm : « Ce qu’Allah a ouvert par les gens de l’innovation est insignifiant.» [Ndt : traduction rapprochée] ; qu’il s’agisse d’une ouverture réelle ou symbolique. 


Et comme l’exprime le Sheikh de l’Islam Ibn Taymiyya, à plusieurs reprises dans ses livres, lorsqu’il parle des gens de l’innovation et les gens du « Kalâm »[3] : « Ils n’ont rien fait pour soutenir l’Islam et ils n’ont rien fait pour brisé les ennemis (ndt : c’est-à-dire les ennemis de l‘lslam)» ; voilà ce qu’est en réalité l’image des gens de l’innovation.

 

Tu ne les verras pas répandre autre chose que la désolation (les fitan) sur les musulmans d’une façon ou d’une autre, déchaîner les tensions, remuer ciel et terre au service de leurs élucubrations, au service de leurs faussetés. 


Donc, comme tu viens de l’entendre, et comme il se dit couramment : « chaque siècle est de sa propre histoire, il est le témoin de ce qui s’y passe » ; ainsi, notre époque est le témoin de ces gens de l’innovation et de l’égarement mais aussi de ces gens qui se sont enrôlés dans les partis (islamiques) pour faire ce qu’ils ont fait contre l’Islam ou ce qu’ils ont fait contre les musulmans ou ce en quoi ils ont été en contradiction avec l’Islam et des innombrables maux qu’ils ont pu attirés sur la Oumma


Donc, faites attention ! Faites attention à ne jamais prendre la défense des prêcheurs des gens de l’innovation et des prêcheurs des partis politiques [islamiques], des savants de ces partis. On ne peut prendre la défense d’une personne bien connue pour sa prise de position, qu’elle renferme un mal en elle susceptible de se répandre à la Oumma


Il a été rapporté par Ibn Al-Moubarak, qu’Allah lui fasse miséricorde, qu’un homme a fait l’éloge en sa présence d’un savant partisan de ceux qui croient que l'on peut se révolter contre les gouverneurs ; Ibn Al-Moubarak lui dit : « Ô untel ! Approuves-tu un homme qui autorise qu’on lève l’épée sur les gens de l’Islam ? ; Agrées-tu un homme qui autorise  qu’on lève l’épée sur les gens de l’Islam ? ». 


Soyez donc attentif ! Que personne ne minimise le spectre des partis (islamiques) et des innovations, car il est comparable à ce qu’on rapporte de source authentique d’Abî Qilaba, comme cela a été rapporté par Ad-Darimi (1/58) et par Al-Ajurry dans  Ash-Sahri’a et par d’autres, qu’il (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit ceci : « Jamais un homme n’introduit une innovation, sans qu'il ne rende légal l'utilisation de l'épée. » et dans une autre version il a dit aussi : « En vérité, ils diffèrent par leurs noms, mais ils sont unis sur l'utilisation de l'épée.»[5]. 


Regardez-donc ces partis (islamiques)[6] qui sont présent aujourd’hui, ils diffèrent par leurs noms  (c’est-à-dire tel parti porte ce nom et tel autre parti en a un autre différent) mais ils sont unis pour corrompre les situations et s’attaquer aux musulmans et mettre ainsi à exécution les alliances [qu’ils ont conclues] avec les ennemis de l’Islam. 


Tout ce qui vient d’être dit, ne sont que des réalités qu’ont déjà vécues les Salaf, [ce sont des faits] qu’ont déjà vécus les Salaf – qu’Allah Le Très Haut leur fasse miséricorde ; attention donc à ce que la personne s’embarque dans la défense de celui qui est connu pour son penchant vers la Hizbiya[7] ou qui est connu pour son innovation et son égarement.

 

Ce qui est demandé, c’est de mettre en garde contre lui autant que possible, c’est de mettre en garde autant que possible et en respectant les voies qui sont adéquates [pour cela], en respectant les voies qui sont appropriées. Nous ne disons pas : « vas et parles ouvertement sur tel parti..., même si cela engendrera ce que cela engendrera.» Non ! Non !... 


Les paroles devront être fonction de ce qu’elles engendreront comme bien ! Car les gens de l’innovation, quelque soit le mal qu’il y a en eux, la situation exige de nous que l’on fasse preuve de douceur dans notre da’wa et de se montrer attentif dans notre da’wa et rechercher ce qui est dans l’intérêt de notre da’wa, comme tu viens de l’entendre.

 

Car il y a certains individus qui dénoncent et s’imaginent que ceci relève de courage et autre que lui, n’est qu’un insouciant.

 

Alors que si tu prends le temps de vérifier de plus prés, tu te rendras compte que cela n’est que le résultat d'une négligence des conséquences qui peuvent en découler (de ce mauvais comportement), comme tu viens de l’entendre. 


Parler sur les gens de l’innovation et de l’égarement, est une chose qui doit se faire en fonction de la nécessité et qui doit se faire avec mesure, cela doit se faire avec mesure ! On ne doit pas faire des innovations et des égarements notre refrain quotidien.

 

Nous avons besoin de propager la Sounna, nous avons besoin de faire entendre aux gens ce qu’Allah a dit et ce que Son Messager a dit ; si on transmet cela aux gens, ils s’en accommoderont.

 

Alors qu’à propos des gens de l’innovation et de l’égarement, même si tu passes tout ton temps auprès des gens à leur répéter la même chose sur eux, c'est-à-dire : dénoncer le parti untel et l’autre parti et [en parallèle], tu ne leur auras pas enseigné le Livre de leur Seigneur et la Sounna de leur Prophète, alors tu ne leur auras pas apporté de quoi se prémunir.

 

Car la protection se fait en apportant un [véritable] changement et non pas par quelques paroles. 

Quant aux gens, ils trouveront leur bonheur et leur motivation et leur espoir dans la da’wa des gens de la Sounna, car ils n’ont pas besoin d’autres gens que ceux de la Sounna, ils peuvent largement se passer des gens autres que ceux de la Sounna.

 

Cependant, si les gens demeurent ainsi sans qu’on ne leur donne un enseignement, sans qu’on ne leur donne une éducation, alors cette insuffisance demeurera en eux, chose qui les conduira vers les gens de l’innovation et les gens des égarements. 


Sur ce point, on doit être très attentif ! Ton devoir est d’enseigner, d’instruire, à travers des sermons et des conférences qui doivent être profitable, c'est-à-dire en se basant sur des preuves tirées du Livre et de la Sounna. Et les paroles sur les gens de l’égarement doivent se dire avec mesure, comme tu viens de l’entendre, et en fonction de l’utilité.

 

Ceci fait partie des choses envers lesquelles on doit être bienveillant et y être attentif, on doit y être très attentif ! 


Également, observes-donc cette opinion : il a été rapporté par Abi Al ‘ounf dans Al-hiliya et par d’autres que Sufyan Ath-Thawri – qu’Allah Le Très Haut lui fasse miséricorde, a dit :

 

« Que celui qui entend parler d’une innovation, qu’il se garde de la mentionner à ceux qui sont assis autour de lui afin qu’elle ne gagne pas leur cœurs ». Adh-Dhahabi – qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans As-Siyar, commentant cette parole (ce Athar[8] de Sufyan Ath-Thawri) : « Et c’est sur cet avertissement (qu’a dit Ath-Thawri) qu’étaient la majorité des Salaf, parce que les cœurs sont faibles et les ambiguïtés sont captivantes ».

 

Comme tu viens de l’entendre, c’est la raison pour laquelle on n’ouvre pas une porte aux gens restée fermée !

 

Cependant, si l’innovation s’est répandue, on n’a pas d’autre choix que d’essayer de préserver les gens et de faire un éclaircissement en exposant la vérité aux gens et mettre en garde contre elle.

 

Mais si cette innovation n’est pas présente à cet endroit, ne vas pas la faire surgir [par ta cause] ! […] dans ce cadre, c'est-à-dire comme tu viens de l’entendre, il est vrai que si tu crains pour les gens que cette innovation les rattrape, alors il n’y a aucune objection à ce que tu leur dises ceci : « faites attention à propos de ceci et questionnez les savant à son sujet etc.» de sorte que cela soit utile, de sorte que cela soit bénéfique. 


Il arrive que l’individu ouvre une porte de mal alors qu’il ne souhaitait que le bien !

 

En effet, l’individu peut ouvrir une porte de mal alors qu’il ne souhaitait que le bien, car nous sommes tous susceptibles de faire des erreurs. Cependant, ce qui est demandé, c’est de faire preuve de rigueur autant que possible et d’avoir la connaissance des réalités ; ce qui est toujours mieux que d’en être ignorant.

 

La connaissance des faits est toujours mieux que d’en être ignorant, tant que nous en avons les moyens d’y parvenir. 


Ô vous mes frères ! Ô combien nombreux sont les prescriptions qui recommandent la douceur envers les gens, la miséricorde, de ne pas se presser quant aux conclusions, ne pas se presser pour voir des résultats. Tant bien même tu t’apercevrais que les gens ne tireraient pas profit de tes cours, de tes sermons, ne t’empresse pas ! Ne t’empresse pas !

 

Car il se pourrait qu’ils en tirent profit plus tard. Il se peut aujourd’hui, qu’ils soient encore dans une période quelque peu insouciante, il se peut qu’ils vivent un moment d'insouciance. Toutefois, il est probable que leur situation s’améliore d'un jour à l'autre. 


Ne t’empresse pas à dire d’eux qu’ils sont « ceci et cela », et tu te montres désagréable avec eux, tu te montres hargneux avec eux et peut-être même que tu te mets à les dénigrer et tu dis, les gens de la Sounna ne doivent pas aller vers ceux-là. La société est encore et toujours sur la saine nature (Al-Fitra) et sur l’amour du Livre et de la Sounna, et la louange revient à Allah le Seigneur des mondes ! 


À part quelques-uns de ceux qui se sont compromis, parmi ceux qui ont été pris dans la tourmente des fitan et des égarements ; parmi ceux qui ont été éduqués en ce sens ou élevés sur cela.

 

Quant à la grande majorité des gens, ils restent encore et toujours sur cet immense bien, sur la saine nature [Al-Fitra], sur l’amour du Livre et sur l’amour de la Sounna et sur l’amour de ceux qui les encouragent et qui leur sont de bon conseil.

 

Néanmoins, cela ne s’obtient pas aussi facilement et il se peut que les gens soient parfois excusables en raison des ambiguïtés et des faussetés qui leur sont parvenus à ton sujet et au sujet de ta da’wa.

 

Ils peuvent te paraître quelque peu récalcitrant, non pas parce qu’ils détestent le Livre de leur Seigneur et la Sounna de leur Prophète, mais parce qu’ils s’attendent à ce que tu ne sois pas conforme à ce qui est demandé ! Par conséquent, faire preuve de retenu et ne pas se précipiter, fait partie des choses qui assurent un atout certain aux étudiants en science religieuse. 


Et en réalité, il n’est rien d’aussi profitable pour les gens que ce qui peut résulter des fitan, quand les gens des fitan sont démasqués, contrairement à nos paroles qui ne sauraient être autant profitables ; contrairement à nos paroles qui ne sauraient être autant profitables. 


Donc, comme tu viens de l’entendre, les gens ne sont pas comme tu pourrais le croire, c'est-à-dire qu’ils ont la capacité d’arriver à une compréhension totale [des choses] et d’accepter les choses comme il se doit. Les gens sont différents les uns des autres ; mais lors de l’apparition des fitan, les gens se dévoilent, ils apparaissent [au grand jour] et sont pris dans la fitna vers un bien meilleur [pour certains], s’ils font partie de ceux à qui Allah leur a prédestiné encore plus de certitude [dans la bonne voie] et encore plus de bonne compréhension et d’avantage de science. 

Nous demandons à Allah – Glorifié Soit-Il – par Sa grâce et Sa générosité, par Sa faveur et Sa bienfaisance, de nous maintenir sur la Vérité jusqu’à Sa rencontre. Nous demandons à Allah de nous maintenir sur la Vérité jusqu’à Sa rencontre ! [….] 


Prenez gardes aux falsificateurs (ceux qui détournent les mots de leur sens) ! Faites attentions à ces falsificateurs ! Certaines personnes peuvent venir à toi et te dire ceci : « dans notre ville il s’y passe ceci et cela ; et untel fait telle et telle chose…et untel fait ceci et cela de mal…de mal, et toi parles et dit que dans cette ville il y a ceci et cela, que celui-là fait ceci et cela etc. » ;

 

Celui-là, il ne cherche qu’à ce que les gens se détournent de toi, il ne cherche uniquement à ce que tu fasses fuir les gens autour toi, tu as entendu ? Toute parole [qui doit sortir de ta bouche] doit être réfléchie tenant compte de l’intérêt général et non pas comme […]

 

C'est-à-dire pour untel, même s’il lui arrive de dire cela, il est possible qu’il soit animé d’une bonne intention et comme il est probable qu’il soit animé d’une mauvaise intention, néanmoins pour nous, ce qui doit primer c’est de faire preuve de retenu et de focaliser notre attention sur ce qui est le plus utile, autant que possible, autant que possible, comme tu viens de l’entendre. 


Egalement, parmi les choses sur lesquelles j’aime de temps à autre vous éclairer…


Elles concernent les pratiques qui ne sont pas facile à délaisser par les gens, que tu fasses des sermons ou pas, que tu donnes des conférences ou pas, ils restent indifférent. Nous rappelons et nous disons que ce type de problèmes se traite avec les Fatawas des gens de science.

 

Diffuser-donc les Fatawas des gens de science ! Comme par exemple le fait de réciter la Sourate Ya-Sin sur les morts, la lecture du Coran sur les morts, tu entends ?

 

Il arrive que certaines personnes disent que celui-là combat la lecture du Coran, celui-là déteste le Coran, celui-là est contre les morts, il ne veut aucun bien pour nos morts. Alors comment devons-nous faire avec cette catégorie [de personne] ? 


Pour cette catégorie-là, comme tu viens de l’entendre : - Sois tu disposes d’un argument et de sagesse pour convaincre les gens et dire : « nous ne combattons pas le Coran et nous ne détestons pas le rappel et nous ne sommes pas opposé à ce que l’on demande la miséricorde pour le musulman et à ce qu’on l’aide dans ce qu’il peut le sauver et l’aider à augmenter de son degré auprès d’Allah, néanmoins nous disons que nous avons pour obligation de nous conformer à la guidée du Messager, non pas à la guidée d’un autre que lui.

 

Est-ce que ce qui vient de produire est en conformité avec la guidée du Messager ? En faisait-il partie ?

 

Si cela est le cas, alors nous l’acceptons, car c’est ce que nous demandons, mais si ceci est en contradiction avec la guidée du Messager, alors cette chose-là ne peut être accepté. ».


- Sois tu ne peux pas apporter de preuve ou bien ils ne l’acceptent pas quand bien même il leur en a fait part, [dans ce cas], il veille à leur apporter des Fatawas des gens de science et les propager parmi les gens. Il peut également les lire à partir d’un livre ou les lire durant un cours, etc.

 

Il peut également le faire après la prière de cette façon : « concernant cette question, les savants ont dit ceci et cela…». 


S’ils l’acceptent alors c’est ce qui est voulu, mais s’ils ne l’acceptent pas alors ne rentre pas avec eux dans des conflits.

 

Ainsi, ils ne pourront pas dire que c’est toi qui ramène telle et telle chose… de cette façon, les gens diront : « celui-là ne fait que vous faire écouter les paroles des savants ; celui-là, il ne fait que vous faire écouter les paroles des savants ». [En faisant ainsi], tu demeures dans ta démarche et dans ta da’wa, apportant ainsi tes efforts dans la réforme avec ce que tu peux, avec ce que tu peux. 


Quant au fait de s’approprier des sujets qui comportent des zones d’ombre, que les gens ne sont pas en mesure de résoudre ; ces sujets, dont les gens ont besoin que ce soit, selon eux, les savants qui doivent apporter une réponse pour les convaincre, qu’ils ont aussi besoin d’écouter leurs Fatawas, ne t’en empares pas toi et tu te mets à rentrer dans les conflits !

 

Et comme tu viens de l’entendre, [si tu agis ainsi], tu ne connaitras pas la réussite et les gens ne tireront pas profit de toi et tu ne pourras pas te soustraire à eux que si Allah veut, [Lui]. 


[…], par exemple un de nos frères va donner une conférence à un endroit. Il y va pour donner une conférence et lorsqu’il arrive et il trouve les gens déjà rassemblés en ce lieu. Avant même qu’il ne se lève pour donne la conférence, une personne l’interpelle en lui disant : « que dis-tu de la lecture sur les morts ?», sachant que les gens se sont rassemblés rien que pour cela, rien que dans ce but.

 

Et lui de répondre que cela est une innovation et que cela n’est pas permis. Ainsi, une fois que les gens l'entendirent prononcer ces paroles, ils lui dirent : « sors ! ». Mais s’il avait gardé le silence et répondu : « mais qui suis-je pour que tu me questionnes ainsi ?

 

Je ne suis pas le Sheikh de l’Islam, ni ‘Ali Ibn Abi Taleb, ni l’imam Ash-Shafi’, je suis un étudiant en science religieuse. J’ai juste une nassiha à faire, si cela vous convient, je vous en fait part sinon je pars ». Ils diront : « Jazak Allah kheyr, vas-y, vas-y donc, donnes ta nassiha » et avec tout ça, les gens en profiteront.

 

Mais si tu ne te méfie pas des perturbateurs, comme tu viens de l’entendre, alors ils feront tout pour démolir ta da’wa et feront de toi une cible pour les gens, une cible vers laquelle ils dirigeront leurs flèches.


Donc, sois attentif autant que tu le peux ; jusqu’à ce que tu réussisses avec la permission d'Allah, le Seigneur des mondes. 


Personnellement, je m’attends[6] à ce que, même si le hizb (parti islamique) des frères musulmans[9] a échoué, d’un échec flagrant, ainsi que le parti des sourouri[10] et tous ceux qui ont participé à ces fitan et qui ont emprunté une voie qui ne peut être acceptée d’aucun musulman ayant un minimum de religion et de science dans la Shari’a (législation) ! Cette voie qui consiste à voler, à piller, à violer et injurier etc.

 

Je m’attends, même s’il s’est passé ce qu’il s’est passé, à ce qu’ils adoptent une attitude encore plus hostile envers les gens de la Sounna et qu’ils s’empressent de refermer la porte sur eux en usant de tous les moyens pour y parvenir. A nous donc, d’être perspicace ou faire preuve d’un peu de clairvoyance [chose] qui serait un temps soit peu profitable. 


Nous demandons à Allah – Glorifié Soit-Il- de nous aider dans la réforme de nos âmes et de nous écarter les troubles (fitan) apparents et cachés. 


Le Sheikh demande : « Est-ce que l’un d’entres-vous a une question à poser ? Est-ce que l’un d’entres-vous a une remarque ou une critique au sujet d’une parole dans laquelle j’aurais pu me tromper ? ». Puis répond aux quelques questions avant d’achever cette conférence.


[Fin des paroles du Sheikh].

 


[1] Sourate An-Nissa, V.59


[2] Hadith Mou'alaq : Le hadith suspendu, mou'alaq est le hadith dont il a été retiré, du début de la chaîne, un transmetteur ou plus qui se suivent. Le hadith suspendu est irrecevable, car il lui manque une des conditions de validité, la continuité de la chaîne des transmetteurs, puisqu'un transmetteur ou plus est absent de sa chaîne et que nous ignorons la situation de ce manquant. Cependant si le suspendu se trouve dans un livre où le valide sur (Sahih) est de rigueur, comme les deux Sahih d'Al-Boukhari et de Mouslim, il a alors un caractère particulier. Les savants ont étudiés les hadith suspendu, a l'intérieur du Sahih d'Al-Boukhari et on indiqué leur chaîne de transmetteurs dans leur continuité. Le meilleur qui les ait rassemblés, est l'érudit Ibn Hajar, dans un ouvrage qu'il a intitulé "Tagligh at-ta'liq" Le scellage du suspendu. (Tiré livre de Mahmoud At-tahhan, "précis de science du hadith.)

 

[3] : ‘Ilm Kalâm : [Rhétorique ou science de la parole] : représente une méthode d’argumentation fondée sur des raisonnements philosophiques et rationnels auxquels on donne une apparence Islamique. Elle a été inventée et introduite dans la religion lorsque les musulmans se mirent à traduire les œuvres des philosophes grecs, perses et autres pour polémiquer et se livrer à des discussions stériles tels que les jahmites, les mutazilites, les mâturidites, les acharites, les imâmites, les ibadites, les zaydites, les habaches et les chiites d’aujourd’hui en font partie.

 

[4] Sourate 88- V 22


[5] Rapporté par As-Shatibi dans Al-I'tisam (1/113)


[6] Ndt : Lorsque le Sheikh mentionne les partis politiques (islamiques), c'est-à-dire les frères musulmans et les autres partis, il désigne par-là ceux qui sont au Yémen et il évoque par la même occasion les problèmes auxquels est confronté le pays à cause de ces gens-là.


[7] Hizbiya : Alliance et sectarisme (partisan d’un groupe).


[8] Al-Athar : c'est ce qui est attribué aux Compagnons ou aux successeurs, et il se peut que l'on veuille dire par là, ce qui est attribué au Prophète - prière et salut sur lui - spécifiquement, donc on dira : et dans la trace (al-athar) selon le Prophète (paix et bénédictions d’Allah sur lui).


[9] Voir l’article : « Sur le groupe des frères musulmans (al-ikhwan)… »


[10] Les Sourouri : Ce groupe nommé Sourouri Qoutbi s'oppose de beaucoup aux Salaf à travers plusieurs de leurs méthodologies. Donc ces nombreuses méthodologies qui s'opposent aux Salaf sont la preuve d'une grande déviation.

 

En effet, ces méthodologies peuvent être plus dangereuses et pires que la déviation des Khawaridj (plus d’informations, lire l’article : « Les Khawaridj contemporains ou As-sourouriya » du Sheikh Mohammed Nasser-Ad-Dine Al Albani – qu’Allah lui fasse miséricorde).

 


Source :

 

www.olamayemen.com 

 

sh-emam.com 

 

http://www.alghourabaa.com


Conférence donnée par Sheikh Muhammad Ibn 'Abdellah Al-Emam (hafidhahou Allah) – en date du 19 Sha’ban 1432 de l’Hégire | 19 Juillet 2011.


Traduction adaptée & rapprochée : AbuKhadidja Al Djazairy

Tag(s) : #Manhadj

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :