Cheikh Rabi’ ibn Hadi - Qu’Allah le préserve - a dit:

«La question des innovations est très dangereuse, très dangereuse.

Relevons les manches pour sauver le commun des musulmans des griffes des gens de l’innovation.

Beaucoup d’entre eux, spécifiquement les soufis dans leur ignorance , les pauvres, aiment Allah et veulent le Paradis et tout ce qui s’en suit mais ils sont trompés par ces grands menteurs.

Si tu les prêchais, en établissant pour eux la preuve et que tu leur exposais, ils répondraient à ton appel.

Nous avons même trouvé, par Allah, chez les chrétiens celui qui s’empresse de répondre à l’appel si tu le prêches et lui exposes le chemin de la vérité.

Il vous incombe donc d’appeler à Allah avec sagesse et bonne exhortation que cela soit les gens du commun, les ignorants ou bien le commun des innovateurs.

En ce qui concerne les dirigeants injustes parmi eux et les entêtés, si on est contraint de débattre avec eux, nous débattons.

Soit Allah les guidera, soit tu lui auras établi la preuve et tu auras exposé leur situation aux musulmans pour qu’ils les fuient. » fin de citation.

[Al-Majmou’- Explication de la croyance des salafs (2/297)]

Ce conseil de Cheikh Rabi’ me rappelle une situation que j’ai vécu dans un pays musulman.

En effet, sur la route pour aller à la mosquée, je rencontrais quotidiennement un chef cuisinier originaire d’un pays arabe et nous faisions une partie du chemin ensemble.

Un jour, il m’a parlé d’assister à une assise de chants et de dhikr en groupe à l’occasion de la «fête du mawlid», l’anniversaire du Prophète - Que les éloges et le salut d’Allāh soient sur lui.

Cela m’arrachait le cœur de voir qu’il ne savait pas que ce type d’acte ainsi que célébrer cette fête était une innovation.

il a été éduqué sur cela depuis quarante ans et il ne connaît rien d’autre. Comment lui exposer et bien lui faire comprendre?

J’ai attendu qu’il termine et je lui ai expliqué, avec des mots simples et le plus de douceur possible, le danger de l’innovation ainsi que les actes de polythéisme qui accompagnent souvent ces séances de chants et pourquoi ces actes n’étaient pas légifèrés en Islam.

J’ai eu à peine le temps de lui expliquer brièvement, qu’on était arrivé à la porte de la mosquée et la prière allait commencer.

Cela a été un choc pour lui. Après la salat, son visage se ferma et il partit seul.
Les jours suivants, je le croisais à la mosquée et il fuyait mon regard puis partait rapidement pour ne pas que l’on ait à faire une partie de la route ensemble.

J’ai donc réfléchi à la meilleure manière d’agir et la plus aimée auprès d’Allah. J’ai pris sur moi, je me suis dit que j'allais garder un visage souriant et patienter avec lui un moment jusqu’à trouver une autre occasion de lui parler puis si il persiste après un moment, je le laisserai.

J’ai donc été le premier à lui passer le salam, le rencontrant avec un visage souriant pendant quelques jours puis voilà qu’il changea du tout au tout. Il a commencé à me parler des problèmes qu’il rencontre, à me poser des questions religieuses , à essayer de comprendre pourquoi les «savants» de son pays encouragent des actes que moi je lui expose comme étant des innovations.

Pour lui nous sommes des «wahhabites», ils ont eu toute une propagande contre nous.

Maintenant, c’est lui qui cherche constamment après moi, qui veut m’inviter, qui me pose des questions et in chā Allāh, j’espère pouvoir être une cause de sa guidée vers la sounnah.

Je le dis en toute sincérité, je ne suis pas quelqu’un qui jouit d’un très bon comportement mais j’essaie chaque jour d’apprendre et de me corriger.

Cette fois-ci, j’ai pris sur moi et j’ai fait l’effort pour essayer d’avoir un bon comportement et de pratiquer la parole d’Allah dont le sens rapproché est:

{La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.}

Et j’en ai vu les fruits.

En effet, à chaque fois que dans la da’wa du commun des gens qui ne savent pas, j’ai fait preuve de douceur, de sagesse, de patience, de compréhension, j’en ai vu les fruits positifs. Même s’il n’accepte pas, au moins, cela ne sera pas de ma faute et j’en aurai- in chā Allāh - la récompense auprès d’Allah.

J’adresse donc un conseil envers tous mes frères et soeurs qu’Allah a gratifié en les guidant à l’Islam puis les a encore gratifié en les guidant à la Sounnah:

Soyez reconnaissants envers Allah.

Ne croyez pas que la guidée est acquise, nous avons encore beaucoup d’efforts à faire pour apprendre notre religion et nous purifier.

Ne croyez pas que rester sur l’Islam et rester sur la Sounnah sont acquis. En effet, le vivant n’est pas à l’abri de la tentation. Des gens qui avaient plus de sciences que nous et plus d’efforts se sont égarés après avoir été guidés.

Il suffit d’un défaut mortel comme l’orgueil et la haute estime de sa personne pour sombrer très profondement dans les abîmes de l’égarement.

Parmi les manifestations de cette reconnaissance envers Allah, il y a l’humilité, la modestie, l’altruisme, le pardon, la mansuétude, la miséricorde, le don de soi, la compassion, l’amour du bien pour les autres en les appelant à la vérité avec sagesse, douceur, bonne exhortation, preuves.

Il fait parti de cette reconnaissance envers Allah de se tenir auprès de l’opprimé, de l’aider à repousser son oppresseur, de barrer le chemin aux gens du mal en ne craignant en cela le blâme de personne.
Qu’Allah me guide ainsi que vous aux meilleurs comportements.

Qu’Allah unisse la communauté de notre Noble Prophète Mohammed - Que les éloges et le salut d’Allāh soient sur lui - sur Sa Sounnah.

Nous demandons à Allah de nous préserver des tentations et des troubles, de nous raffermir sur le Tawhid et la Sounnah et de nous faire mourir en état de soumission complète.

Cependant, Allāh ﷻ est plus savant.

Essai de traduction et annotations:

Othman Abou Laïth Al-Armany

Le 06 Chawwal 1439 (20/06/2018)
 

Source :

https://twitter.com/audio_sunnah