L’adoration est le droit exclusif d’Allah comme le révèle le Tout-puissant : J’ai crée les hommes et les démons uniquement pour qu’Ils M’adorent.(1)

 

Il a déclaré également : Nous avons envoyé à chaque peuple un Messager lui enjoignant : adorez Allah et détournez-vous du Taghût (Tyran).(2) Nous n’avons pas envoyé avant toi de messager sans lui révéler qu’il n’y a d’autre dieu en dehors de Moi, alors adorez-Moi.(3)

Il incombe ainsi de consacrer toute forme d’adoration à Allah et il n’est pas permis de dédier quoi que soit à quiconque en dehors de Lui le Très-Haut. Ainsi, nous devons Lui vouer la prière, l’inclination, la prosternation, l’appel au secours, l’invocation, la confiance, l’appel au refuge, et toute forme d’adoration. Le Tout-puissant révèle à ce sujet :

Dis : ma prière, mon offrande, ma vie et ma mort appartiennent à Allah le Seigneur de l’univers, sans lui vouer d’associer. Voilà ce que l’on m’a ordonné et j’en suis le premier soumis (ou musulman). (4)

Quiconque voue toute forme d’adoration à un autre qu’Allah devient païen et mécréant. Il faut comprendre ce jugement dans l’absolu (en règle général) et il est valable pour les personnes en général ayant eu accès à la révélation.

 

Quant au cas particulier, si quelqu’un voue une forme d’adoration à quiconque en dehors d’Allah comme l’invocation des morts, et leur appel au secours, dans la situation où la personne en question est ignorante, il faut s’abstenir de la condamner avant de lui démontrer son erreur et de fermer les portes à toute excuse. Telle est la première opinion recensée sur la question (concernant el ‘Udhr bi el Jahl).

Sheïkh ‘Abd ‘Azîz ibn Bâz –Allah lui fasse miséricorde –a mentionnées les deux tendances dans une réponse à une question qui lui fut posée au sujet de certains innovateurs. Il a dit entre autre :

« Les Sollicitations divines (e-Tawwasul) sont ainsi de deux sortes :

premièrement : solliciter Allah par l’intermédiaire du rang d’un tel ou du droit d’un tel. C’est une forme d’innovation sans atteindre le degré de mécréance.

Deuxièmement : L’interpeller directement dans les invocations en disant : Ô maître un tel ! Donnes-moi la victoire sur un tel ou guéris notre malade. Cela relève de la grande association. Bien que les auteurs de telles pratiques qualifient ce procédé de Sollicitation, il n’en demeure pas moins caractéristique à l’ère païenne.

La première forme relève de l’innovation ; elle constitue un moyen de faire parvenir à l’association. Lorsqu’on lui a indiqué (à Sheïkh ibn ‘Abd el Wahhâb) :

Ils prétendent les invoquer car ils sont des élus vertueux (ou des saints). Nous savons très bien que toute chose est entre les Mains d’Allah mais ils ne sont que des intermédiaires. Il a répondu : C’est exactement la façon dont se comportaient les premiers païens.

 

En invoquant : à l’aide Ô Badawî ! Au secours Ô Husaïn ! Ils ne changent en rien des pratiques d’Abû Jahl et des gens de son espèce, ceux qui revendiquaient : Nous les adorons uniquement pour qu’ils nous rapprochent d’Allah d’avantage. (5).

 

Ceux-là sont nos intercesseurs auprès d’Allah.(6) Ces invocations sont de la pure mécréance et correspondent à associer quelqu’un au Tout-puissant.

 

Or, les savant divergent sur le statut de l’auteur d’une telle pratique : faut-il le considérer mécréant au premier abord ou bien attendre de lui faire comprendre son erreur à la lumière des Textes en s’assurant qu’il les a bien assimilés ? Il y a deux opinions sur la question.

La première : affirme que l’auteur d’une telle parole devient mécréant à partir du moment où il commet un acte de mécréance établi ; ce genre d’association est si clair que les Textes ne peuvent échapper à personne.

La deuxième opinion : soutient que de tels individus peuvent être des ignorants, sans compter que leurs mauvais savants les ont poussés à l’erreur. Le cas échéant, il est impératif de leur expliquer et de leur montrer la chose de sorte qu’ils comprennent leur erreur. Allah a révélé en effet :

Nous n’allons châtier personne avant d’envoyer un messager.(7)

Après leur avoir fait comprendre en leur disant : telle chose n’est pas faisable, Allah a dit ceci, le Messager a dit cela, et leur avoir expliquer les Textes, s’ils restent sur leur position, cela est synonyme de mécréance.

Quoi qu’il en soit, l’acte en lui-même est un acte de mécréance et il relève de la grande association. Il demeure le statut de l’auteur d’un tel acte qui est sujet à discussion : faut-il le considérer mécréant ou bien remettre son sort à Allah ? Il est possible de le considérer comme les peuples pendant l’intervalle de la révélation qui se distinguent pour n’avoir reçu aucun message, aucune orientation. Son sort est donc entre les Mains d’Allah Tout-puissant pour avoir mal été orienté de la part des mauvais savants. » Fin de citation.(8)

La deuxième opinion qui prône l’abstention de se prononcer sur son état de mécréance a été adoptée par bon nombre de savants à l’instar de Sheïkh el Islam ibn Taïmiya et Sheïkh el Islam Mohammed ibn ‘Abd el Wahhâb. Sheïkh el Islam ibn Taïmiya a souligné à cet effet dans son ouvrage el Istighâtha :

« Après s’être imprégné des enseignements du Messager , il devient évident qu’il n’a jamais légiféré à sa communauté d’invoquer qui que ce soit parmi les morts : Prophètes, gens pieux, etc. ni à travers la formule d’el Istighâtha (appel au secours) ou autre ni à travers la formule d’el Isti’âna (appel au soutient) ou autre. Il n’a pas légiféré non plus à sa communauté de se prosterner devant un mort, un vivant, ou tout autre chose de ce genre.

Nous savons plutôt qu’il a formellement interdit ce genre de choses comme il a jugé ces pratiques relevant de l’association interdite par Allah et Son Messager. Néanmoins, en raison de l’ignorance prépondérante, du nombre restreint de personnes initiées aux traces de la Prophétie parmi les dernières générations, Nous ne pouvons pas condamner facilement les gens d’apostats pour ces raisons, avant de les avoir mis au courant des enseignements du Messager stipulant la non pertinence de leurs pratiques. C’est pourquoi, je n’ai jamais démontré ce point à des personnes imprégnées du principe de l’Islam sans qu’elles se remettent en question en disant : c’est le principe même de la religion. Certains grands doyens expérimentés parmi nos amis disaient : c’est la plus grande chose que tu ais pu nous expliquer, car ils avaient pleine conscience que cela concernait le principe élémentaire de la religion. » (9)


Sheïkh el Islam Mohamed ibn ‘Abd el Wahhâb –Allah lui fasse miséricorde – a affirmé pour sa part :

« Si l’on sait que nous ne taxons pas d’apostasie ceux qui adorent la stèle érigée au-dessus de la tombe de ‘Abd el Qadîr, ainsi que celle sur le tombeau d’Ahmed el Badawî et d’autres dans le genre, en raison de leur ignorance, et du manque d’orientation, comment pouvons-nous dès lors le faire pour celui qui n’associe rien à Allah sous prétexte qu’il n’a pas émigré chez nous, dans la mesure où il n’a pas apostasié ni combattu la vérité. Gloire à Allah ! Quelle énorme calomnie ! »(10)

Il a dit également :

« Nous considérons plutôt, en prenant Allah en témoin et qui connaît le fond de nos pensées, que quiconque adhère à l’unicité et se détache de l’association et de ses partisans, est pour nous un musulman indépendamment de l’endroit et de l’époque où il se trouve. Par contre, nous condamnons quiconque associe à Allah dans Sa Divinité après que les Textes lui ont démontré la non pertinence de l’association. »(11)

Il a expliqué ailleurs :

« Les paroles que vous entendez à mon encontre disant que je condamne d’apostasie sans faire de détail, elles ne sont que des calomnies provenant de l’ennemi. Je dirais selon eux également, qu’il ne suffit pas à l’individu de suivre la religion d’Allah et de Son Messager, sans qu’il immigre de son pays pour venir s’installer sur nos terres. C’est aussi un tissu de mensonge ! L’important c’est plutôt de suivre la religion d’Allah et de Son Messager où que l’on soit.


Par contre, nous condamnons d’apostasie quiconque, après avoir reconnu la religion d’Allah et de Son Messager, s’en fait non seulement l’ennemi mais qui plus est, cherche à en détourner les autres. Nous condamnons également quiconque adore les idoles après avoir eu connaissance que ces pratiques relèvent de la religion des païens, tout en embellissant ces pratiques aux gens. Lui, il est vrai, je le condamne d’apostasie. Tout savant sur la surface de la terre ne peut que condamner un tel individu si bien sûr, il n’est ni un entêté ni un ignare. »

 

Il a dit également : « quant aux allégations de mes ennemis prétendant que je condamne d’apostasie sur simple suspicion et en fonction des alliés, ou bien que je condamne l’ignorant n’ayant pas eu accès à la vérité, c’est une énorme calomnie qui a pour but de faire fuir les gens de la religion d’Allah et de Son Messager. » (13)

Extrait du livre : Les conditions de la prière de son auteur : Sheïkh ‘Abd el Muhsin el ‘Abbâd Maison d’édition : Dar-Ar-Tarbiya.

Notes:

1- E-Zâriyât ; 56


2- Les abeilles ; 36


3- Les Prophètes ; 25


4- Le bétail ; 162-163


5- Le rassemblement ; 3


6- Yûnas ; 18


7- Le Voyage Nocturne ; 15


8- Extrait du livre : Sî’at Rahmat Rabbi el ‘Âlamîn lil Juhhâl el Mukhâlifîn li e-Sharî’a min el Muslimîn de Saïd ibn Sa’d e-Dîn el Ghabashi. La préface est une lettre de Sheïkh ‘Abd el ‘Aziz ibn Bâz –Allah lui fasse miséricorde – adressée de l’auteur, datant du : 7/5/1403 h. à travers ce courrier, le Sheïkh exprime son approbation à l’égard de ce livre et donne son aval pour l’imprimer.


9- el Istighâtha (2/731).


10- Extrait du livre : e-Durar e-Sunniya (1/66).



Traduit par :


Karim ZENTICI


Source :

http://www.alminhadj.fr

Tag(s) : #Tawhid
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