SHeikh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abî al-’Abbâs Ahmad Ibn ’Abdel-Halîm Ibn ’Abdel-Sallâm Ibn Taymiyyah al-Harânî

 

- Le lundi 24 mars 2008, par IsmaiL

 

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm


Le Takfîr [1] a des conditions et des obstacles qui peuvent ne pas être réunies dans le cas d’une personne précise.

 

De plus, traiter [un acte] de mécréance de manière générale n’implique pas inéluctablement qu’on puisse traiter de mécréant la personne précise qui le commet, sauf si les conditions requises sont présentes et les obstacles absents.

 

Ce qui nous le prouve, c’est que l’Imâm Ahmed et la plupart des imams qui sont fait ces déclarations d’ordre général [de rendre une personne mécréante pour tel ou tel acte], n’ont pas eux-mêmes jugé de mécréante la plupart des personnes qui avaient précisément proféré ces paroles.

 

Certes, l’Imâm Ahmed par exemple, a approché les Djahmites [2], alors que ces derniers l’avaient appelé à affirmer que le Qor’ân est crée et à nier les attribuer les attributs divins, l’avaient mis à l’épreuve, lui ainsi que tous les savants de sont époques, avaient torturés les croyants et les croyantes qui refusaient de se convertir à la doctrine « Djahmite » en les frappant, les emprisonnant, les tuants, les renvoyant de leurs postes, en leur coupant les vives, en rejetant leur témoignage et en les abandonnant aux mains des ennemis.

 

En effet, beaucoup de ceux qui détenaient le pouvoir étaient des Djahmites. Ils étaient gouverneurs, juges et autres que cela encore.

 Ils jugeaient de mécréance toute personne qui n’était pas Djahmite ; c’est-à-dire, tous ceux qui n’était pas d’accord avec eux sur le fait de nier les attributs divins et de dire que le Qor’ân est crée. Ils les jugeaient comme ils jugeaient les mécréants.

 

Ensuite, l’Imâm Ahmed a invoqué [Allâh] en faveur du calife et d’autres que lui parmi ceux qui l’ont frappé et emprisonné. Il demanda à Allâh le Pardon pour eux et leur pardonna lui-même de l’injustice subit de leur part et le fait qu’ils l’avaient appelé à dire des paroles mécréantes. S’ils avaient été apostats, il n’aurait pas été permis d’invoquer le pardon pour eux, car demander le pardon [d’Allâh] pour les mécréants n’est pas autorisé par le Qor’ân, la Sounnah et le consensus communautaire [Idjmâ’].

 

Ces paroles et actes de sa part ainsi que de la part des autres imams, montrent clairement qu’ils n’ont pas jugé de mécréants des personnes précises parmi les Djahmites qui disaient que le Qor’ân est crée et qu’on ne peut voir Allâh dans l’au-delà.

Il a été rapporté concernant Ahmed des dires qui indiquent qu’il a qualifié de mécréants des personnes précises pour ces mêmes raisons, c’est-à-dire, parce qu’ils adoptaient les affirmations et la croyance des Djahmites. On comprend de cela, qu’il y a un développement délicat sur la question :

 celui qui a été personnellement déclaré de mécréant, l’a été en raison de preuve établit sur lui, de par les conditions permettant l’excommunions [Takfîr] en l’absence d’obstacle s’opposant à cela. Et quant à celui qui n’a pas été qualifié spécifiquement de mécréant est en raison de l’absence de ce qui le permet véritablement.

Et cela, bien qu’il déclarait (les Djahmites) mécréants de manière générale [Itlâq]. La preuve de ce fondement [Asl] : est le Livre [al-Qor’ân], la Sounnah, le consensus communautaire [Idjmâ’] et étude [I’tibâr] […] [3]

 

P.-S.



Lire sur le même sujet : La preuve établie

Notes

 

[1] C’est le fait d’excommunier [de sortir] une personne de l’Islâm


[2] Les Djahmites doivent leur nom à son chef de file Al-Djahm Ibn Safwân. Cette secte niait les attributs d’Allâh et allait même jusqu’à nier Ses Noms prétendant que si on les confirme, on ferait alors ressembler Allâh à Ses créateurs.


[3] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 12/261-262

 


 

Source :



http://www.manhajulhaqq.com

 

Tag(s) : #Fiqh
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