Le jeûne est-il obligatoire pour l’amnésique (celui qui a perdu la mémoire), le dément, l’enfant et le fou ?



Réponse :


 Allah -le Très-Haut- n’a prescrit à l’homme les actes d’adoration que si celui-ci est en état d’accomplir ces obligations, c'est-à-dire quand il est en possession de sa raison, car c’est grâce à elle qu’il appréhende les choses. Quant à celui qui n’a pas sa raison, il n’est pas soumis à ces obligations, ainsi le fou et le mineur qui ne discerne pas encore le bien du mal, ne sont pas soumis à ces obligations et cela procède de la Miséricorde d’Allah. Il en est de même du dément qui souffre d’une anomalie mentale qui n’a pas atteint le degré de la folie et de l’homme âgé qui est victime d’amnésie, comme l’a évoqué l’auteur de la question ; pour celui qui se trouve dans cet état-là, la prière n’est pas obligatoire, ni le jeûne, ni la purification, parce que celui qui a perdu la mémoire est comme le petit enfant qui ne discerne pas encore, ce qui le dispense des obligations : il n’est pas soumis à l’obligation de la purification, ni de la prière, ni du jeûne.



Quant aux obligations financières, elles s’appliquent sur ses biens malgré son état, ainsi la Zakat est obligatoire sur ses biens et il revient à son tuteur de la prélever, parce que l’obligation de la Zakat est liée directement aux biens comme l’a dit Allah :




" Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis."
Il a bien dit : "Prélève de leurs biens" et n’a pas dit : «Prélève d’eux» ; et le Prophète a dit à Mou’az quand il l’envoya au Yémen : «Fais-leur savoir qu’ils ont à s’acquitter de l’aumône légale prélevée sur les biens de leurs riches pour être distribuée à leurs pauvres». Il a bien dit : «aumône légale prélevée sur les biens.», ainsi il précise qu’elle est prescrite sur les biens même si elle est prélevée chez le propriétaire des biens.



Dans tous les cas, l’homme qui est dans cet état n’est pas dispensé des obligations financières alors qu’il est dispensé des actes d’adoration physiques tels que la prière, la purification ou le jeûne ; il en est dispensé parce qu’il a perdu la raison.




Quant à celui qui perd connaissance par évanouissement à cause d’une maladie, il n’est pas soumis à l’obligation de la prière d’après l’avis de la majorité des doctes. Quand le malade perd donc conscience pendant un ou deux jours, il n’est pas tenu de refaire les prières manquées, parce qu’il n’était plus en possession de toutes ses facultés. Il est différent du dormeur à propos de qui le Messager a dit : « Quiconque dort sans accomplir une prière ou l’oublie, doit l’accomplir aussitôt qu’il se rappelle », parce que le dormeur retrouve ses facultés sitôt qu’on le réveille, mais ce n’est pas le cas de l’évanoui. Ceci n’est valable que pour celui qui n’a aucune responsabilité dans sa perte de conscience, quant à celui qui est lui-même à l’origine de sa perte de conscience tel que celui qui a absorbé un anesthésiant, il doit reprendre les prières qu’il a manquées dans son évanouissement.



[Le Cheikh Ibn Othaimine : Fatawa du Cheikh Muhammad Saleh Al Othaimine : 1/491].

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