Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

 

Question :

 

Quatre personnes travaillent comme gardiens dans un établissement public et ils ne peuvent pas tous aller au Jumu`a et délaisser l’établissement, sachant qu’il s’y trouve du matériel de valeur et des fours qui tournent constamment. Leur est-il, donc, permis de délaisser la Jumu`a ou de s’alterner pour y assister? Qu’Allah vous récompense.

 

 

Réponse :

 

Louange à Allah, Maître des Mondes, et paix et salut soient sur celui qu’Allah a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

Cela dit :

 

Le Législateur a permis de délaisser la prière en groupe à toute personne pour qui se rendre au Jumu`a est difficile, à cause d’une excuse qui la touche.

 

Ceci est valable quand l’excuse est effective, comme si la personne est endettée et a du mal à payer sa dette, si elle craint la prison, si elle se cache des autorités ou si elle est malade et craint l’aggravation ou la continuité de sa maladie.

 

Les savants assimilent à ce dernier cas celui qui s’occupe de soigner le malade, si sa présence est indispensable. Sont également considérés comme ayant une excuse : celui qui redoute un mal pour sa personne, celui qui redoute la perte de ses biens et celui qui redoute des dommages touchant des dépôts qu’on lui a confiés et qu’il doit garder.

 

La preuve à cela est le hadith d’Ibn `Abbâs rapporté par Abû Dâwûd, dans lequel le Prophète صلَّى الله عليه وسلَّم a dit :

 

«Celui qui entend celui qui appelle à la prière (le Mu'azhin) et qu’aucune excuse n’empêche d’y répondre...» –Ils dirent: «Qu’est-ce que l’excuse?»

 

Il dit : «La peur ou la maladie– la salat qu’il aura accomplie ne lui sera pas acceptée.»[1]. Il dit, dans la version d’Ibn Mâjah : «Celui qui entend l’appel (à la prière) et qui n’y répond pas, n’a pas de salat, sauf s’il avait une excuse.»[2].

 

Aussi, s’il est possible d’éviter que tous délaissent le Jumu`a, il incombe le faire, comme par le fait qu’une partie d’entre eux prient dans une mosquée proche où la Jumu`a est accompli à l’heure du Zhuhr, au moment où le soleil se remet à descendre, alors l’autre partie peut prier après le début de l’horaire du Zhuhr et cela arrange tout le monde.

 

Si, par contre, cela n’est pas possible, mais que les biens peuvent être gardés et protégés de tout dommage par une seule personne, il incombe aux autres d’assister au Jumu`a, car «ce qui est facile reste demandé et ne s’efface pas à cause de ce qui est difficile»[3] et «ce qui ne peut pas être fait entièrement, on ne délaisse pas d’en faire une grande partie» et ils devront s’alterner à la place de celui qui reste et qui est excusé.

 

En effet, «ce que l’on est capable de faire reste demandé et n’est pas effacé à cause de ce que l’on est incapable de faire». Il leur incombe, donc, de faire ce dont ils sont capables et ils sont exemptés de ce dont ils sont incapables, car la règle dit: «ce qu’il est impossible de faire n’est pas pris en considération et ce qui est possible de faire reste demandé», comme l’a établi Al-Qarâfî dans ses Furûq[4].

 

Et avec tout ce qui précède, s’ils trouvent un autre travail qui leur permet d’assister au Jumu`a et aux prières en groupe, il leur est obligatoire de le prendre et de changer de travail, pour préserver leurs pratiques cultuelles et l’observation des actes d’obéissance.

 

Le savoir parfait appartient à Allah, et notre dernière invocation est qu’Allah, le Seigneur des Mondes, soit loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu’au Jour de la Résurrection.

 

 

 

Alger, le 12 de rajab 1417

 

Correspondant au 23 novembre 1996

 

 

[1] Rapporté par Abû Dâwûd au début de «Kitâb As-Salât», chapitre de la dureté quant au délaissement de la prière en groupe (551), Ad-Dâraqutnî dans ses Sunan (1576) et Al-Bayhaqi (5249), d’après Ibn `Abbâs. Al-Albânî a dit dans Al-Irwâ' (2/336): «Zha`îf en ces termes.». Il dit dans Al-Michkât: «Sa chaîne est Zha`îf, elle comporte Abû Janâb Yahyâ Ibn Abî Hayya Al-Kalbî, qui est Zha`îf et Mudallis et qui l’a rapporté en disant «`An» («selon»), cependant le hadith est Sahîh en d’autres termes –à venir dans le livre–, plusieurs [savants] l’ont jugé Sahîh et j’en ai parlé dans Sahîh Abî Dâwûd (560)». Il l’a, aussi, jugé Zha`îf dans Tamâm Al-Minna (p327).

 

[2] Rapporté par Ibn Mâjah dans «les mosquées et la prière en groupe», chapitre du blâme de celui qui délaisse la prière en groupe, Ibn Hibbân dans «la salat», chapitre de l’obligation de la prière en groupe et des excuses permettant de la délaisser et Al-Hâkim dans «la salat» (1/363); jugé Sahîh par Al-Albânî dans Al Irwâ' (2/337), dans Tamâm Al-Minna (p327) et dans Sahîh At-Targhîb Wat-Tarhîb (1/301), n° 426.

 

[3] Cette règle est une des plus connues parmi celles qui ont été tirées de la parole du prophète: «Quand je vous ordonne quelque chose, faîtes-en ce que vous pouvez.» [voir: Al-Achbâh Wan-Nazhâ'ir d’Ibn As-Subkî (1/155)].

 

[4] Al-furûq d’Al-Qarâfî (3/198).

 

 

Source :

 

http://www.ferkous.net/

 

Tag(s) : #Fatwas
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