SHeikh al-’Allâma Muhammad Ibn Sâlih al-’Uthaymîn


- Le mercredi 9 juin 2004, par Ismail Ibn Hâdî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm




Question :


Quel est votre avis sur le « Fiqh as-Sounnah » [de Sayyid Sâbiq] ?


Réponse
 :


Il n’y a aucun doute qu’il fait partie des bons livres, du fait de ses nombreuses questions appuyées de preuves. Cependant, il n’est pas protégé des erreurs et comme Ibn Rajab (rahimahullâh) l’a dit dans l’introduction du livre : « al Qawâ-îd-al-Fiqhiyyah » :


« Allâh a refusé la protection de tout livre [des erreurs] en dehors de Son Livre. Cependant, la personne juste est celui qui pardonne le peu d’erreurs d’un homme pour ses nombreuses actions justes. »



Il n’y a aucun doute que ce livre est profitable. Ceci dit, je ne pense pas qu’une personne puisse s’y référer si ce n’est un étudiant en science capable de distinguer entre ce qui est authentique de ce qui est faible, car [ce livre] comporte de nombreuses questions faibles. Et parmi elles, le dire qui recommande de faire « Salât ut-Tasbîh » [1] [la prière de glorification]. Et certes pour cette prière de glorification [Salât ut-Tasbîh], SHeikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullâh) dit que son hadîth est un mensonge. Et il a dit qu’aucun des Imâms ne l’a recommandé, et que lorsque l’Imâm Ahmad fut questionné sur le sujet, il brossa sa main comme pour imdiquer que cela est détestable [Munkar]. [2]


Question
 :



Est-ce que le livre « al-Muharar » de l’Erudit Ibn Abd il-Hâdî n’est pas meilleur que « Bouloûgh al-Marâm » [de Ibn Hadjar] ?


Réponse
 :


« Bouloûgh al-Marâm » est largement disponible aux gens, et son auteur (rahimahullâh) est un « Muhaqqiq » [une personne établie, un examinateur sûr] Et il est demandé [plus approprié] que la personne se reporte [à un livre] qui est beaucoup plus disponible [aux gens] qu’un autre. Car une chose qui est peu disponible, beaucoup de gens n’en bénéficieront pas. Alors que « Bouloûgh al-Marâm » est lui bien connu, il a été développé et lu par nos savants [’Ulémâ-unâ] et érudits [Machâ-îkhs]. [3]



Question
 :


Il y a certains étudiants en science qui ont préféré assister aux cours donnés par [d’autres] étudiants en science sans importance, au lieu d’assister aux cours des savants qui ont eux réunit [la connaissance] que les étudiants en science n’ont pas réunit. Quel est donc votre conseil [sur la question] votre excellence - Qu’Allâh vous préserve ?

Réponse :

Ce que je pense [sur le sujet] est qu’il convient que la personne se doit de chercher la science auprès d’un Savant parfaitement mûr.


Car certains étudiants en science se sont avancés dans l’apprentissage et la compréhension d’une question parmi les questions, qui soit liée dans le domaine du Hadîth [tradition prophétique] ou du Fiqh [jurisprudence] ou de la « ’Aqîdah » [dogme] et l’ont examinée [approfondie], et si un étudiant en science qui débute devait à l’entendre [sur cela], il penserait que cet étudiant en science est parmi les grands savants. Toutefois, s’il sortait [s’éloignait] ne serait-ce que d’un petit bout de doigt du sujet qu’il a étudié et révisé, alors vous constaterez qu’il n’y a pas en lui la science. Ainsi donc, il est obligatoire pour l’étudiant en science qui débute d’apprendre la science aux mains des savants, connus pour leur science, leur crédibilité et leur religion. [
4]



Question
 :



Quand un étudiant en science veut apprendre le « Fiqh » [jurisprudence], est-ce qu’il peut se passer d’apprendre les bases de la jurisprudence [Ussûl al-Fiqh] ?



Réponse
 :


Quand un étudiant en science veut être savant dans le « Fiqh », il doit combiner obligatoirement la jurisprudence [al-Fiqh] et les fondements de la jurisprudence [Ussûl al-Fiqh] pour être érudit et spécialiste en la matière. Aussi, il est possible que tu connaisses la jurisprudence [al-Fiqh] sans connaître ses fondements [Ussûl], mais tu ne peux pas être « Faqîh » [jurisconsulte] sans la science des fondements de la jurisprudence. En d’autres termes, il est possible que le jurisconsulte [al-Faqîh] s’enrichisse d’après les fondements de la jurisprudence, mais il n’est pas possible que le spécialiste des fondements [al-Ussûlî] s’enrichisse d’après la jurisprudence [al-Fiqh] quand il veut la jurisprudence. D’où la divergence des savants des fondements [’Ulémâ al-Ussûl] quant à savoir s’il est meilleur pour l’étudiant en science de commencer par les fondements de la jurisprudence [Ussûl al-Fiqh] afin de construire sa connaissance du « fiqh » sur cette base ou bien de commencer par la jurisprudence [al-Fiqh] parce que cela est exigé. Car les gens ont besoin de connaître les choses quant à leur action, dans les actes d’adoration [al-’Ibâdat] et affaires sociales [al-Mu’âmallât], avant d’acquérir les fondements jurisprudentiels, et certes sur cela la seconde est la plus juste, car c’est ce qui est suivi habituellement. [5]



Question
 :


Certains étudiants en science se suffisent d’écouter les cassettes des savants [’Ulémâ] qui dispensent leur cours. Cela suffit-il pour apprendre la science ? Peut-on considérer ceux qui agissent ainsi comme des chercheurs de la science ? Et est-ce que cela peut influer sur leur croyance ?


Réponse
 :



Il n’y a aucun doute que l’écoute des cassettes leurs suffisent en remplacement des cours des gens de science [Ahl al-’Ilm] quand ils ne peuvent pas y assister. Cependant, la participation aux cours des savants est meilleure et plus proche de l’excellence, ainsi que plus proche d’une bonne compréhension et du débat. Toutefois, s’ils ne peuvent pas y assister, cela [les cassettes] leurs suffisent.


Ensuite, est-il possible de le considérer comme étudiant en science quand il se limite à cela ?



Nous disons
 : Oui, lorsque la personne déploie un grand effort pour cela. Comme il est possible qu’une personne devienne savante [’Âlim] quand elle prend la science directement des livres. Ceci dit, il existe une différence entre le fait de prendre la science des livres et cassettes et son apprentissage direct auprès des savants [’Ulémâ], car cette dernière approche est plus à même de procurer la science, et celle-ci est un chemin facile qui permet de discuter des divergences de ce que la personne a entendu ou lu. Ce qui est différent pour celle [qui écoute ou lit seulement] et qui devra déployer un important effort afin de rassembler les différentes parties de la science sur le sujet.


Quant à la question de savoir si le fait de se contenter des cassettes pourrait influencer la croyance de ces personnes, la réponse est
 : Oui, cela peut influencer leur croyance quand elles peuvent écouter des cassettes qui comportent des innovations [Bid’iyyah] et qu’elles les suivent. Si par contre, elles écoutent des cassettes de savants avérés pour elles, celles-ci ne laisseront aucune influence négative sur leur croyance. Bien au contraire, elles augmenteront leur foi et les sauvegarderont et leur feront adopter une croyance authentique [as-Sahîh]. [6]



Question
 :


Une personne remarque qu’il a un manque d’intérêt et une indifférence pour la rechercher de la science. Quels sont les moyens et les chemins qui permettent d’agir pour l’intérêt de la recherche de la science ?

Réponse :


La faiblesse dans la recherche de la science islamique [Char’î] fait partie des grandes calamités. Il y a pour remédier à cela, plusieurs choses qui s’imposent :


La première chose
 : La Sincérité pour Allâh -’Azza wa Djal- dans la recherche de la science. Si la personne est sincère vis-à-vis d’Allâh dans sa recherche [de la science], elle sait qu’elle sera récompensée pour ses efforts et qu’elle sera montée au troisième degré parmi les degrés indiqués dans la communauté [al-Ummah], car certes cela est une source de motivation :


« Quiconque obéit à Allâh et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu’Allâh a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels bons compagnons que ceux-là ! »

 [7]



La deuxième chose
 : S’entourer de personnes qui vous encourageront à la recherche de la science, à vous aider à la discussion et à faire des recherches, et vous ne vous passerez pas d’eux aussi longtemps qu’elles vous feront profiter de la science.


La troisième chose
 : Il faut faire preuve de persévérance, et exercer un effort sur soi-même afin de ne pas se laisser distraire. Allâh -Ta’âla- a dit à Son Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) :


« Fais preuve de patience (en restant) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. »

 [8]



Ainsi il faut que la personne patiente, et qu’elle patiente et s’habitue dans la recherche de la science, et cela finira par devenir naturel pour elle, au point que lorsqu’elle passera un jour sans avoir effectué des recherches, ce jour-là paraîtra très long pour elle.


 À défaut de la maîtrise de soi, elle n’obtiendra rien. Car l’âme est [naturellement] inclinée vers mal et Chaytân [Satan] encourage les gens à être paresseux et à délaisser l’apprentissage. [
9]


Question
 :



En résumé, de quelle manière recherche t-on la science - Djazâkum-Allâhu Kheyrân ?



Réponse
 :



En résumé, la manière pour rechercher la science se présente comme suit :


1] Convoitez [ardemment] la mémorisation du Livre d’Allâh -Ta’âla- et revenez-y tous les jours quelque temps afin de le mémoriser et de le lire, pour le réciter avec méditation et le comprendre. Et lorsque vous rencontrez un point de réflexion profitable lors de votre lecture, alors notez-le.


2] Convoitez [ardemment] la mémorisation de ce qui s’avère être facile pour vous dans [l’apprentissage] de la Sounnah authentique du Messager (sallallahu ’alayhi wa sallam), et pour cela [je vous recommande] la mémorisation [du livre] : « ’Umdat ul-Ahkâm » [de l’Imâm Muhammad ’Abdel-Ghanî al-Maqdissî].


3] Convoitez [ardemment] votre temps pour la concentration et la fermeté [dans la recherche de la science] de sorte de ne pas prendre un petit peu de science ici et là. Car cela gaspille votre temps et occupe [inutilement] votre esprit.


4] Débutez avec des petits livres et approfondissez les bien, ensuite vous passez à ce qui est au-dessus de ceci [en niveau] jusqu’à acquérir peu à peu une connaissance ferme en la matière, et que cela soit acquis dans votre cœur et conforte [convenablement] votre âme.



5] Convoitez [ardemment] la compréhension des questions essentielles [Ussoûl al-Massâ-îl] et leurs fondements, ainsi que toute chose que vous pouvez rencontrer, comme il a été dit [dans un proverbe] :

« Quiconque s’interdit [d’apprendre] les fondements, s’interdit [lui-même] d’aboutir à ses résultats »



6] Discutez [débattez] avec votre SHeikh ou une personne sûre dans la science et la religion parmi celles qui sont proches de vous, afin d’évaluer les bases et conditions de votre religion, quand même vous êtes intellectuellement en mesure de converser [sur la question]. [10]



Question
 :


Il paraît clair que beaucoup d’étudiants en science sont loin de parfaire les règles de la langue arabe [grammaire], considérez-vous cela comme étant important et quel est votre point sur la question ?


Réponse
 :


Oui, la compréhension de la langue arabe est importante, que ce soit les règles de grammaire [al-I’râb] ou les règles concernant la rhétorique [al-Balâghah], tout cela est important. Cependant, pour ce qui nous concerne -al-HamdouLLiLLeh- nous sommes arabes, il est donc possible d’apprendre sans connaître les règles de la langue arabe.


 Toutefois, il est plus complet [plus exemplaire] d’apprendre les règles de la langue arabe. J’encourage donc l’apprentissage de la langue arabe avec toutes ces règles. [
11]


Notes


[1] Pour plus de détails de la part du SHeikh ainsi que des avis des savants anciens sur la question, il est intéressant de se référer au « Madjmu’ al-Fatâwa du SHeikh Ibn ’Uthaymîn vol-14 p.323 à 329 » et aux Savants de « Lajnah ad-Dâ-ima vol-8 p.162-165 »


[2] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.138-139


[3] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.109


[4] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.104-105


[5] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.190-191


[6] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.219-220

[7] Coran, 4/69

[8] Coran, 18/28


[9] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.105


[10] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.119-120


[11] « Kitâb ul-’Ilm » de SHeikh Ibn ’Uthaymîn, p.119-120





Source :




http://www.manhajulhaqq.com/

Tag(s) : #Sounnah

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