Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

 

La question :

 

 

 

Est-ce que le jeûne de celui qui délaisse la prière est valable ?

 

 

La réponse :

 

 

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

 

Ceci dit :

 

 

Il n’y a pas de divergence d’opinions entre les Ulémas concernant l’invalidité du jeûne de celui qui délaisse la prière en niant son obligation, étant donné qu’il est, unanimement, jugé mécréant de façon qu’il soit complètement exclu de la religion de l’Islam. De plus, les œuvres du mécréant sont considérées invalides, vu qu’on exige, pour la validité de l’œuvre, l’existence de la foi. Chose qui lui[1] fait défaut dans ce cas ; Allah عزّ وجلّ dit :

 

 

 

وَقَدِمْنَا إِلَى مَا عَمِلُوا مِنْ عَمَلٍ فَجَعَلْنَاهُ هَبَاء مَنثُورًا﴾ [الفرقان: 23].

 

 

Traduction du sens du verset :

 

 

﴾Nous avons considéré l'oeuvre qu'ils ont accomplie et Nous l'avons réduite en poussière éparpillée﴿ [El-Fourqâne (Le Discernement) : 23].

 

 

Il dit aussi :

 

وَالَّذِينَ كَفَرُوا أَعْمَالُهُمْ كَسَرَابٍ بِقِيعَةٍ يَحْسَبُهُ الظَّمْآنُ مَاءً حَتَّى إِذَا جَاءهُ لَمْ يَجِدْهُ شَيْئًا وَوَجَدَ اللهَ عِنْدَهُ فَوَفَّاهُ حِسَابَهُ وَاللهُ سَرِيعُ الْحِسَابِ﴾ [النور: 39].

 

 

 

Le sens du verset :

 

 

 

﴾Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter﴿ [En-Noûr (La Lumière) : 39].

 

 

Il dit également :

 

 

 

مَثَلُ الَّذِينَ كَفَرُوا بِرَبِّهِمْ أَعْمَالُهُمْ كَرَمَادٍ اشْتَدَّتْ بِهِ الرِّيحُ فِي يَوْمٍ عَاصِفٍ لاَ يَقْدِرُونَ مِمَّا كَسَبُوا عَلَى شَيْءٍ ذَلِكَ هُوَ الضَّلاَلُ الْبَعِيدُ﴾ [إبراهيم : 18].

 

 

Traduction du sens du verset :

 

 

 

﴾Les oeuvres de ceux qui ont mécru en leur Seigneur sont comparables à de la cendre violemment frappée par le vent, dans un jour de tempête. Ils ne tireront aucun profit de ce qu'ils ont acquis. C'est cela l'égarement profond﴿ [Ibrâhîm (Abraham) : 18].

 

 

Pour ce qui est de celui qui délaisse la prière par négligence et paresse tout en admettant son obligation ; le jugement porté à son cas est sujet à une divergence d’opinion entre les Ulémas.

 

 

En effet, il y a une partie des Ulémas, dont font partie l’Imam Ahmed et d’autres Ulémas, qui le jugent mécréant conformément à des textes rapportés dans la Charia. Comme il y a une autre partie des Ulémas qui ne le juge pas mécréant, vu qu’il y a des preuves qui empêchent de le juger ainsi ; et parmi les Ulémas de cette partie, on compte l’Imam Mâlik, l’Imam Ech-Châfi`i, l’Imam Abou Hanîfa ainsi que d’autres Ulémas.

 

 

Pour ce, la réponse à la question posée repose sur le jugement porté sur celui-ci[2]. De ce fait, ceux qui ont jugé mécréant celui qui délaisse la prière par négligence et paresse, l’ont joint à celui qui nie son obligation. Ils ont, par conséquent, jugé invalides son jeûne et toutes ses œuvres, ainsi qu’il est cité précédemment ; étant donné que la foi, qui est exigée pour la validité de ses œuvres et de son jeûne, lui manque.

 

 

Quant à ceux qui ne l’ont pas jugé mécréant, l’ont, donc, considéré comme un croyant en état de désobéissance et ne l’ont pas exclu de l’enceinte de la croyance [musulmane]. Sur ce, son jeûne et ses œuvres sont jugés valables, vu qu’il possède la foi qui est exigée pour la validité des œuvres et des adorations.

 

 

La plus valable des opinions est de traiter la question en détail comme suit :

 

 

Celui qui délaisse totalement la prière jusqu’à ce qu’il meurt en persistant dans son délaissement ; celui-ci n’est pas considéré comme croyant, et son jeûne ainsi que toutes les œuvres qu’il accomplit sont jugés invalides. Ce cas est inclus dans ce qu’on appelle le délaissement absolu.

 

 

Quant à celui qui tantôt accomplit la prière et tantôt la délaisse ; celui-ci fait partie de ceux qui n’observent pas la prière et ne veillent pas à l’accomplir et il n’est pas jugé mécréant ; il est, par contre, considéré comme musulman qui dépend de la volonté d’Allah عزّ وجلّ, ou bien Il le punit, ou bien Il lui pardonne. Ce cas est inclus dans ce qu’on appelle le délaissement en général.

 

 

 

Ceci est soutenu par le hadith du Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم: « Cinq prières sont prescrites par Allah à Ses serviteurs au cours du jour et de la nuit.

 

Quiconque veille à les accomplir, Allah s’engage à le faire entrer au paradis. Et quiconque ne les observe pas, ne bénéficie d’aucun engagement auprès d’Allah ; Il peut le châtier s’Il veut ou le faire entrer au paradis »[3] ainsi que le hadith : « La première chose dont l'homme devra rendre compte au Jour de la Résurrection est la prière, s'il l'avait accomplie convenablement [il en sera rétribué], sinon on verra s'il a des prières surérogatoires à son actif, s'il en a, on lui complètera les prières obligatoires avec »[4], cette opinions est le choix de Cheikh El-Islâm Ibn Taymia -رحمه الله- [5].

 

 

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

 

 

Alger, le 16 Dhou El-Qa`da 1426 H,

 

correspondant au 18 décembre 2005 G.

 

 

 

 

[1] C’est-à-dire : qui fait défaut au mécréant. Note du traducteur.

 

 

[2] C’est-à-dire : celui qui délaisse la prière par négligence et paresse tout en admettant son obligation. Note du traducteur.

 

 

 

[3] Rapporté par Abou Dâwoûd, chapitre de « La prière d'El-Witr », (hadith 1422), par En-Nassâ'i, chapitre de « La prière » (hadith 465), et par Ahmed (hadith 23361) par l'intermédiaire de `Oubâda Ibn Es-Sâmit رضي الله عنه. Ce hadith est jugé authentique par El-Albâni dans « Sahîh Et-Targhîb Wet-Tarhîb » (1/370) et dans « Sahîh El-Djâmi` » (hadith 3243).

 

 

[4] Rapporté par Et-Tirmidhi, chapitre de « La prière » (hadith 415), par En-Nassâ'i, chapitre de« La prière » (hadith 469) et par Ibn Mâdjah, chapitre de « L'établissement de la prière et de la Sounna » (hadith 1491) par l’intermédiaire d’Abou Hourayra رضي الله عنه. Ce hadith est jugé authentique par El-Albâni dans « Sahîh El-Djâmi` » (hadith 2020).

 

 

[5] Voir : « Medjmoû` El-Fatâwa » d’Ibn Taymia (7/614, 615, 616), (22/49).

 

 

 

Source :

 

 

http://www.ferkous.net

 

 

Tag(s) : #Jeune
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