Cheikh Mohamed Ali Ferkous ( Qu' Allah le préserve )

 

 

La question concerne les pilules contraceptives par rapport aux causes suivantes :

 

- Le logement étant petit et étroit, ne contient qu’une seule chambre pour les parents et les enfants.

 

- L’enfant aîné est en bas âge.

 

- la mère est malade et souffre d’une faiblesse corporelle.

 

Est-il, donc, permis d’utiliser les pilules contraceptives dans les cas susmentionnés ?

 

Si elles sont permises ; dans quelle intention peuvent-elles être utilisées, par exemple : dans le but d’organiser les naissances, ou dans le cas de gêne… etc. ?

 

Par ailleurs, s’il n’est pas permis de les utiliser; est-ce que la cause réside dans ces pilules, ou est-ce que parce qu’il y a une autre méthode, ou parce il est absolument interdit ?


 

La réponse :

 

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

 

Ceci dit :

 

Si des médecins dignes de confiance affirment que la grossesse et l’accouchement portent atteinte à la santé de la femme, dans ce cas, il sera permis d’espacer les naissances jusqu’à ce que le mal disparaisse, conformément à ce qu’Allah عزّ وجلّa dit :

 

وَلاَ تَقْتُلُواْ أَنْفُسَكُمْ إِنَّ اللهَ كَانَ بِكُمْ رَحِيمًا﴾ [النساء: 29].

 

 

Traduction du sens du verset :

 

﴾Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous﴿ [En-Nissâ' (Les Femmes) : 29].

 

Ainsi que le verset :

 

وَلاَ تُلْقُواْ بِأَيْدِيكُمْ إِلَى التَّهْلُكَةِ﴾ [البقرة : 195]

 

Traduction du sens du verset :

 

﴾Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction.﴿ [El-Baqara (La Vache) : 195].

 

En outre le Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم dit : « Pas de nuisance, ni à soi-même ni à autrui »[1].

 

D’autre part, il est permis d’organiser les périodes des naissances en les éloignant l’une de l’autre ; et ce, dans le but d’avoir plus de pitié envers les enfants dont la santé se détériore et l’éducation se perturbe ; suivant ainsi ce que Ahmed et Mouslim ont rapporté par l’intermédiaire de ‘Oussâma Ibn Zayd qui a informé Sa`d Ibn Abi Waqqâs qu’un homme était venu au Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم et lui avait dit : « Ô Messager d’Allah, je pratique le rapport réservé avec ma femme ».

 

Le Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم lui demanda : « Pour quelle raison fais-tu cela ? ».

 

L’homme répondit : « J’éprouve de la pitié pour son enfant (ou il dit : ses enfants) ». Alors, le Prophète صلّى الله عليه وآله وسلّم lui dit : « Si cet acte causait du mal, il aurait porté atteinte aux Perses et aux Romains [car ils le font] »[2].

 

Du reste, le mari peut opérer l’interruption du coït, ou recourir à d’autres méthodes telle que l’utilisation des préservatifs ou des pilules contraceptives [pour la femme], à condition que celles-ci ne nuisent pas à sa santé, et qu’elles ne soient pas un facteur qui détruit le spermatozoïde après qu’il se soit stabilisé dans l’utérus, car ceci est apparemment interdit selon l’École Malikite.

 

De plus, il faut s’assurer auprès des spécialistes de ce domaine qui sont dignes de confiance que l’utilisation de ces pilules ne porte aucune nuisance à la femme.

 

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et au-dessus de tout homme détenant la science il y a un savant [plus docte que lui]. Notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

 

Alger, le 19 Chawwâl, 1426H.

 

 

Correspondant à: 21 novembre 2005.

 

 

[1] Rapporté par Ibn Mâdjah, chapitre des « Jugements » concernant celui qui construit sur sa propriété [une construction] qui nuit à son voisin (1/313) par l’intermédiaire d’Ibn `Abbâs رضي الله عنهما. Ce hadith est jugé authentique par EL-Albâni dans « Irwâ’ El-Ghalîl » (3/408) (hadith 896), dans « Es-Silsila Es-Sahîha » (hadith 250) et dans « Ghâyat El-Marâm » (hadith 68).

 

[2] Rapporté par Mouslim, chapitre du « Mariage » concernant la permission d’El-Ghîla, qui est le fait d’avoir des rapports avec une femme allaitante, et par Ahmed (5/203).

 

 

Source :

 

http://www.ferkous.net

 

Tag(s) : #Mariage - divorce
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